Le Sénégal est dans une bonne dynamique concernant la production d'oignon. Pour 2026, la production va dépasser les 450 000 tonnes, selon le ministre de l'Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l'Élevage, Mabouba Dia. En tournée pour la préparation de la Tabaski, il a souligné que ce rendement attendu, est grâce aux aménagements hydro-agricoles, aux semences améliorées et à la politique de substitution aux importations : Des intrants subventionnés à temps. En 2025, la production d'oignons était de 450 000 tonnes.
Ainsi, un excédent de 100 000 tonnes a été noté, car la consommation nationale est estimée à 350 000 tonnes. Devant cette situation, le gouvernement était arrivé à geler les importations entre janvier et la mi-septembre, avant de les rouvrir sous quotas stricts. L'objectif est de favoriser la compétitivité de cette filière assez stratégique. Car il s'agit d'un secteur très prisé par les acteurs de l'agriculture notamment dans la vallée du fleuve et la zone des Niayes (entre Dakar et Thiès).
Cependant même si le Sénégal semble avoir une production suffisante en oignon, chaque année, demeure encore le sempiternel défi de la disponibilité des produits. Le pays recourt toujours aux importations car le secteur souffre de pertes post-récoltes. 30% des produits pourrissent chaque année entre les mains des producteurs, faute de structures de stockage. Cette difficulté identifiée peine à être solutionnée.
D'ailleurs, elle est à l'origine de la récente manifestation des producteurs. Las d'être confrontés à ce défi structurel, ils ont récemment déversé leurs productions qu'ils ne parviennent pas à conserver dans les rues, en signe de protestation. Pour eux, apporter des solutions à cette difficulté est une grande nécessité, afin de favoriser lâ compétitivité du secteur et la survie des milliers d'acteurs qui vivent de l'horticulture.
Du côté du gouvernement, un projet d'envergure a été lancé récemment, plus précisément le mardi 17 février. Il s'agit de la pose de la première pierre d'un réseau de stockage frigorifique et sous atmosphère contrôlé dans le cadre du projet Agricool. La chaîne est conçue pour préserver 250 000 tonnes de productions horticoles, dont 200 000 tonnes d'oignon et 50 000 tonnes de pomme de terre.
Pour Serigne Guèye Diop, ministre de l'Industrie et du Commerce, ce n'est pas simplement un projet d'infrastructure, mais un engagement fort en faveur de notre souveraineté alimentaire. À l'en croire, c'est un vecteur de progrès, d'innovation et de modernisation pour notre secteur agricole et agroalimentaire.
" L'agriculture, comme un arbre fruitier, a besoin de soins, de soutien et d'une terre fertile pour prospérer. Chaque pierre que nous posons, aujourd'hui, symbolise notre détermination à garantir des revenus stables à nos agriculteurs, à renforcer notre indépendance alimentaire et à bâtir un système agricole résilient et performant ", a-t-il expliqué. L'autre difficulté de la filière oignon est la faible ou l'inexistante capacité de transformation. Un grand frein pour un secteur assez porteur.
Publié le 19/05/26 10:50
Mouhamadou Dieng
SN
CEMAC