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SIKA COMMODITIES WEEKLY 26 : Le climat propulse le café, le Brent se normalise

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La semaine 26 marque un changement de leadership sur les marchés des matières premières. Après plusieurs semaines rythmées par les tensions sur le pétrole, c'est désormais le café qui concentre l'attention des investisseurs. L'arabica a bondi de plus de 10 % en quatre séances, propulsé par des pluies exceptionnelles au Brésil, des stocks certifiés au plus bas et les premières inquiétudes liées à un possible épisode El Niño. Pendant ce temps, le Brent s'installe autour de 72 dollars, le cacao consolide, le sucre poursuit son rebond et l'huile de palme recule sous l'effet d'un marché pétrolier désormais apaisé.

Pétrole : stabilisation autour de 72 dollars, la normalisation d'Hormuz se confirme

Le Brent a ouvert lundi à 73,14 dollars et clôturé jeudi à 72,12 dollars, soit une variation quasi nulle sur la semaine (-1,4 %). La séance de mercredi a constitué le principal mouvement, avec une ouverture à 72,55 dollars et une clôture à 71,57 dollars (-1,85 %), suivie d'un rebond modéré jeudi. Le marché évolue désormais à ses niveaux d'avant le déclenchement du conflit fin février, la prime de guerre ayant été entièrement effacée.

La normalisation se confirme sur le terrain. Les exportations saoudiennes sont revenues à environ 90 % de leur niveau d'avant-guerre. Les Émirats arabes unis ont rétabli l'ensemble de leurs flux grâce à l'utilisation combinée du détroit d'Ormuz et de leur pipeline de contournement, tandis que le trafic total dans le détroit dépasse désormais dix millions de barils par jour. Les négociations entre Washington et Téhéran progressent, des médiateurs qataris et pakistanais ayant tenu des réunions à Doha mercredi. Le pétrole entre dans une phase d'équilibre fragile, entre une offre qui se normalise progressivement et une demande mondiale encore hésitante.

Café : l'arabica à son plus haut depuis mars

Le café a été la matière première de la semaine. L'arabica a ouvert lundi à 272,40 cents la livre et progressé régulièrement tout au long de la semaine : clôture à 277,80 cents lundi (+1,68 %), à 296,45 cents mardi (+6,71 %), à 309,90 cents mercredi (+4,54 %), avant un repli à 301,20 cents jeudi (-2,81 %) sous l'effet de prises de bénéfices avant le long week-end du 4 juillet, le marché américain étant fermé vendredi. Le pic de 316,80 cents a été atteint mercredi en séance. En quatre séances, l'arabica a effacé l'intégralité de la correction observée depuis mars.

Le robusta a suivi le mouvement avec cohérence, progressant de 3 510 dollars lundi à 3 745 dollars mercredi (+6,7 %), avant un repli à 3 679 dollars jeudi.

Le mouvement trouve son origine dans une succession de facteurs climatiques et logistiques. Somar Meteorologia a rapporté lundi que les précipitations dans le Minas Gerais, principale région productrice d'arabica au Brésil, avaient atteint 31,3 mm dans la semaine du 28 juin, soit 1 956 % de la moyenne historique. Ces volumes d'eau exceptionnels ont paralysé les travaux de récolte et compromis le séchage des grains dans les fermes. Selon Safras & Mercado, seulement 44 % de la récolte avait été ramassée au 24 juin, contre 51 % un an plus tôt et une moyenne quinquennale de 47 %. Les stocks certifiés arabica ICE ont continué leur descente à 377 465 sacs, leur niveau le plus bas depuis mars 2024, soit une contraction de 463 708 sacs en douze mois par rapport à la même période l'année précédente. Climatempo indique toutefois que des conditions plus sèches sont attendues en première quinzaine de juillet, ce qui pourrait permettre une reprise des opérations de récolte et modérer les cours à court terme.

Cacao : consolidation après l'envolée, les fondamentaux restent porteurs

Le cacao a ouvert lundi à 4 983 dollars la tonne avant de progresser vers 5 078 dollars en clôture mardi. Les cours ont ensuite atteint 5 092 dollars mercredi avant de revenir à 5 036 dollars jeudi. Au terme de la semaine, le marché consolide légèrement tout en restant à des niveaux élevés après le bond de 18,2 % enregistré la semaine précédente.

Le marché digère la forte hausse tout en conservant une importante prime de risque climatique. Les enquêtes préliminaires sur la campagne 2026/27 continuent de signaler une formation de cherelles inférieure à la moyenne en Afrique de l'Ouest, et la perspective d'un épisode El Niño confirmée par l'Agence météorologique japonaise maintient une incertitude de fond sur les récoltes à venir. Le marché semble désormais attendre un nouvel élément climatique susceptible de relancer la hausse.

Sucre : rebond de +5,1 % sur quatre séances, l'Inde en première ligne

Les cours ont ouvert lundi à 14,13 cents et progressé à 14,29 cents lundi, 14,34 cents mardi, 14,99 cents mercredi (+4,53 %), avant une légère correction à 14,85 cents jeudi. Le pic de 15,25 cents a été atteint mercredi en séance.

La faiblesse persistante du monsoon indien reste le principal soutien : le département météorologique indien a confirmé que les précipitations cumulées accusaient un déficit de 42 % par rapport à la normale, le plus sévère depuis onze ans. L'Inde, deuxième producteur mondial dont la culture de canne dépend largement des pluies de mousson, voit ses perspectives de récolte se détériorer progressivement. En parallèle, le Brésil a produit moins de sucre que prévu en centre-sud sur la deuxième quinzaine de mai selon Unica, les moulins ayant privilégié l'éthanol.

Coton : rebond modeste, +1,3 % sur la semaine

Le coton a connu une semaine de relative accalmie après plusieurs semaines de pression. Les cours ont ouvert lundi à 76,19 cents et clôturé jeudi à 77,12 cents, soit +1,3 % sur la semaine. Le mouvement est resté progressif. Les fondamentaux demeurent peu convaincants : le pétrole atone continue de peser sur le coton en réduisant les coûts de la fibre synthétique concurrente, et le dollar est resté globalement ferme. La faiblesse du monsoon indien, qui menace la production nationale représentant environ 25 % de l'offre mondiale, apporte un soutien technique. Les perspectives s'amélioreront seulement si le pétrole et le dollar évoluent de concert dans une direction plus favorable.

Huile de palme : -2,6 % sur la semaine, le pétrole fait pression

L'huile de palme a reculé de 4 599 MYR lundi à 4 480 MYR jeudi, soit -2,6 % sur la semaine. La chute du pétrole sous les 72 dollars réduit mécaniquement la prime biodiesel qui avait soutenu les cours ces derniers mois. Les exportations malaisiennes restent en deçà des attentes saisonnières, et la demande indienne peine à se redresser. À l'approche du second semestre, les risques liés à El Niño sur les plantations indonésiennes et malaisiennes, qui représentent plus de 80 % de la production mondiale, pourraient redevenir le principal moteur des cours.

Caoutchouc RSS3 : marché quasi-illiquide

Le caoutchouc RSS3 n'a enregistré qu'une seule cotation exploitable cette semaine, à 270,00 SGD/kg lundi, en légère baisse par rapport aux 274,30 SGD du vendredi précédent. L'absence de volume tradable ne permet pas d'analyse directionnelle fiable. La corrélation structurelle avec le pétrole et l'atonie de la demande automobile chinoise continuent d'entretenir un contexte difficile pour cette matière première.

La semaine 27 confirme un changement de régime sur les marchés des matières premières. Le pétrole, stabilisé autour de 72 dollars après l'apaisement des tensions au Moyen-Orient, cède son rôle de principal moteur de volatilité aux marchés agricoles. Le café s'impose comme la vedette de la semaine grâce à un choc climatique au Brésil, tandis que le cacao conserve des niveaux élevés, le sucre poursuit son redressement et le coton montre les premiers signes d'amélioration. En toile de fond, la perspective d'un épisode El Niño continue de soutenir une prime climatique sur plusieurs cultures tropicales. Si les conditions de récolte s'améliorent effectivement au Brésil en juillet, le café pourrait toutefois être le premier marché à tester la solidité de ce nouveau cycle.

Publié le 06/07/26 09:49

La Rédaction

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