Après plusieurs semaines dominées par les tensions au Moyen-Orient, les marchés des matières premières ont amorcé un retour aux fondamentaux. Les perspectives d'un accord entre Washington et Téhéran ont provoqué une forte correction du pétrole, tandis que les facteurs météorologiques et les niveaux de stocks ont repris le dessus sur les marchés agricoles.
Cette réorientation s'est particulièrement illustrée dans le café, qui a signé la meilleure performance de la semaine grâce aux pluies persistantes au Brésil. Le cacao est resté partagé entre abondance des disponibilités actuelles et inquiétudes climatiques pour les prochaines récoltes, tandis que le sucre, le coton et l'huile de palme ont poursuivi leur évolution sans véritable catalyseur.
Les mouvements à retenir
- Café : forte hausse
- Cacao : rebond modéré
- Huile de palme : stable
- Caoutchouc : stable
- Sucre : légère baisse
- Coton : baisse
- Brent : forte baisse
Pétrole : La prime de risque géopolitique s'efface
Le Brent a terminé la semaine à 87,33 dollars le baril, son plus bas niveau depuis près de deux mois, abandonnant plus de 6 % sur la période. Le marché a réagi aux déclarations du président Donald Trump indiquant qu'un accord avec l'Iran pourrait être conclu rapidement après le report de frappes militaires envisagées. Selon plusieurs sources iraniennes, Téhéran serait également disposé à accepter les principaux termes de l'accord.
Les discussions portent notamment sur la réouverture du détroit d'Ormuz et sur des engagements iraniens concernant le programme nucléaire. Même si les opérateurs accueillent favorablement cette perspective, ils restent conscients qu'une normalisation complète de l'offre pétrolière nécessiterait encore du temps. Le déminage des voies maritimes, la remise en production de certains champs pétroliers et la réparation des infrastructures endommagées constituent autant d'étapes préalables à un retour à la normale.
Malgré cette correction, le Brent demeure encore plus de 20 % au-dessus de ses niveaux observés avant le déclenchement de la crise.
Café : Les pluies brésiliennes relancent le marché
Le café a enregistré la meilleure performance parmi les principales matières premières agricoles.
Le début de semaine avait pourtant été marqué par un net repli des cours. L'arabica avait touché un plus bas de 19 mois tandis que le robusta atteignait un creux de deux mois, sous l'effet des anticipations de récolte record au Brésil.
La tendance s'est toutefois inversée à partir de jeudi. Les prévisions météorologiques annonçant des pluies modérées à fortes sur les principales régions productrices brésiliennes ont ravivé les inquiétudes sur le rythme de la récolte. Vendredi, l'arabica a progressé de 1,28 % et le robusta de 3,78 %.
Les stocks continuent également d'apporter un soutien au marché. Les réserves certifiées d'arabica détenues par l'ICE sont tombées à leur plus bas niveau depuis près de sept mois, à 398 940 sacs. Les stocks de robusta demeurent quant à eux proches de leurs plus faibles niveaux depuis deux ans.
Cette situation limite l'impact baissier des perspectives d'excédent attendues pour la campagne 2026/27. Au 2 juin, seulement 23 % de la récolte brésilienne avait été réalisée, contre 28 % à la même date un an plus tôt.
Cacao : Abondance immédiate, inquiétudes persistantes
Le cacao continue d'évoluer entre deux forces contradictoires.
D'un côté, les disponibilités actuelles restent abondantes. En Côte d'Ivoire, les volumes acheminés vers les ports depuis le début de la campagne ont atteint 1,95 million de tonnes au 7 juin, soit une progression de 18,9 % par rapport à l'année précédente. Dans le même temps, les stocks certifiés de l'ICE ont atteint leur plus haut niveau depuis près de deux ans. Ces éléments ont pesé sur les cours en début de semaine.
De l'autre côté, les inquiétudes concernant les prochaines récoltes demeurent présentes. Les prévisions climatiques continuent d'accorder une forte probabilité au retour d'El Niño et les premières observations de terrain signalent une formation limitée de cherelles pour la campagne 2026/27.
Le marché reste donc partagé entre une offre confortable à court terme et des interrogations sur le potentiel de production des prochaines campagnes. Cette dualité continue de définir l'évolution des prix du cacao en 2026.
Sucre : Le recul du pétrole renforce la pression
Le sucre a terminé la semaine en légère baisse.
La détente observée sur le pétrole réduit l'intérêt économique de la production d'éthanol au Brésil. Dans ce contexte, davantage de canne peut être orientée vers la fabrication de sucre, ce qui accroît les perspectives d'offre sur le marché mondial.
La faiblesse persistante du réal brésilien accentue ce mouvement en améliorant la compétitivité des exportations du premier producteur mondial.
Coton : Toujours à la recherche d'un catalyseur
Le coton a connu une semaine difficile.
Les contrats à terme ont terminé la semaine en territoire négatif, malgré un léger rebond observé vendredi. Le contrat juillet affiche un recul hebdomadaire de 81 points, tandis que l'échéance décembre abandonne 106 points.
Le renforcement du dollar et les interrogations persistantes concernant la demande textile mondiale, notamment en Chine, continuent de peser sur le marché. En l'absence de signal fort du côté de la consommation, les opérateurs peinent à identifier un véritable moteur de hausse.
Huile de palme et caoutchouc : Attente et prudence
L'huile de palme a évolué sans tendance marquée. Les exportations malaisiennes restent décevantes et la demande indienne demeure inférieure aux niveaux habituellement observés à cette période de l'année. Les risques climatiques liés à El Niño empêchent toutefois une correction plus prononcée des cours.
Le marché du caoutchouc naturel est également resté dans l'attentisme, les investisseurs surveillant principalement l'évolution de l'industrie automobile chinoise ainsi que les conséquences indirectes des mouvements observés sur le marché pétrolier.
Publié le 15/06/26 09:52
La Rédaction
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CEMAC