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SIKA COMMODITIES WEEKLY 29 : Le pétrole flirte avec les 95 dollars, le cacao et le café digèrent leurs excès

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La semaine 29 a été celle des deux vitesses. Le pétrole a poursuivi sa remontée géopolitique, frôlant les 95 dollars jeudi avant de reculer sous l'effet d'espoirs de cessez-le-feu, pour clôturer vendredi à 91,68 dollars. Pendant ce temps, le cacao et le café ont prolongé leur consolidation, digérant les gains spectaculaires des semaines 26 à 28 dans un marché de plus en plus volatile. Le coton a progressé modestement, l'huile de palme a suivi le pétrole à la hausse, tandis que le sucre est resté stable dans une fourchette étroite.

Pétrole : pic à 95,30 dollars jeudi, puis recul sur espoirs de négociations

Le Brent a ouvert lundi à 87,00 dollars et clôturé vendredi à 91,68 dollars, soit un gain de 5,4 % sur la semaine. La trajectoire a été en dents de scie : après une progression lundi (+1,09 % à 87,14 $, puis correction à la clôture) et mardi (+1,58 % à 88,52 $), le Brent a accéléré mercredi (+1,88 % à 90,18 $) avant d'atteindre son pic jeudi à 95,30 dollars en séance, clôturant à 94,26 dollars (+4,52 %). Le recul de vendredi (-2,74 % à 91,68 $) a effacé une partie des gains en fin de semaine.

Le déclencheur du pic de jeudi est géopolitique : le US Central Command a confirmé que le détroit restait ouvert avec le soutien américain, tandis que Trump menaçait de représailles sévères contre l'Iran et les Houthis en cas de nouvelles attaques sur les tankers en mer Rouge. Le recul de vendredi, lui, est venu d'une proposition de cessez-le-feu de dix jours transmise par des médiateurs à Téhéran, qui a conduit les marchés à alléger leur prime de risque. L'EIA a par ailleurs rapporté une hausse des stocks commerciaux américains de pétrole de 3,0 millions de barils à 411,4 millions pour la semaine se terminant le 3 juillet, atténuant légèrement la tension sur l'offre à court terme.

Cacao : consolidation, mais les fondamentaux continuent de se dégrader

Le cacao a ouvert lundi à 5 512 dollars la tonne et clôturé vendredi à 5 376 dollars, soit -2,6 % sur la semaine. Le marché a oscillé dans une fourchette de 5 165 à 5 733 dollars, sans direction claire. Les arrivages ivoiriens pour la semaine se terminant le 12 juillet s'établissaient à 22 000 tonnes métriques, en repli par rapport aux 24 000 de la semaine précédente mais nettement au-dessus des 12 000 de la même période l'année dernière. Les arrivages cumulés depuis le début de la campagne en octobre atteignent 1,956 million de tonnes, les plus élevés depuis 2022/23.

Sur le fond, la dégradation structurelle se confirme. Des agriculteurs ivoiriens interrogés par Reuters indiquent que des pluies inférieures à la normale la semaine dernière ont aidé à assécher les sols gorgés d'eau, mais que des périodes ensoleillées supplémentaires sont nécessaires pour favoriser la récolte principale de septembre à février. Oxford Economics estime que la récolte 2026/27 de Côte d'Ivoire pourrait reculer d'environ 20 %, les enquêtes de terrain révélant que plus de 20 % des fleurs et cherelles sont mortes entre mai et juin en raison des pluies excessives, auxquelles s'ajoute la propagation du black pod. Le marché hésite entre la solidité des arrivages actuels et la dégradation des perspectives à venir.

Café : correction technique, la récolte brésilienne reprend progressivement

L'arabica a ouvert lundi à 328,45 cents et clôturé vendredi à 313,80 cents, soit -4,4 % sur la semaine. Mardi a brièvement repoussé les cours à la hausse, avec une clôture à 334,40 cents, avant que les prises de bénéfices ne reprennent mercredi (-4,61 % à 316,65 cents) et jeudi (-2,29 % à 309,40 cents). La volatilité extrême est devenue le nouveau normal de 2026 pour le café, les ventes spéculatives jouant un rôle massif à mesure que les traders réagissent à chaque rapport météorologique et mise à jour sur la récolte.

Le robusta a suivi une trajectoire similaire, passant de 3 880 dollars lundi à 3 757 dollars vendredi (-3,2 %), malgré un pic à 3 913 dollars lundi en séance. Les stocks certifiés arabica ICE ont chuté à 328 759 sacs, leur plus bas depuis le 23 février 2024. Parallèlement, les conditions se sont améliorées au Brésil ces dernières semaines, permettant à la récolte d'avancer, même si elle reste en retard par rapport au calendrier habituel. World Weather Inc. signale toutefois un risque de pluies dans le Paraná et São Paulo en fin de semaine, susceptibles de provoquer de nouveaux retards. L'IBGE a par ailleurs révisé à la baisse ses prévisions de récolte brésilienne de 1,2 %, les ramenant à 66 millions de sacs, la production d'arabica restant stable à 44,4 millions de sacs.

Sucre : légère pression, fourchette étroite

Le sucre #11 a ouvert lundi à 14,90 cents et clôturé vendredi à 14,77 cents, soit -0,9 % sur la semaine. Les cours ont oscillé entre 14,67 et 14,97 cents sans direction franche. La production de sucre en centre-sud du Brésil pour la deuxième quinzaine de juin était en baisse de 44 % par rapport à la même période l'année dernière, en raison de pluies excessives et d'une priorité accordée à l'éthanol. El Niño continue d'affaiblir la mousson en Inde et d'accentuer la sécheresse en Thaïlande, pesant sur les perspectives de production de ces deux pays. La remontée du pétrole renforce par ailleurs l'attrait de l'éthanol brésilien, réduisant mécaniquement l'offre de sucre disponible.

Coton : +1,3 % sur la semaine, reprise progressive

Le coton a progressé modestement, de 78,94 cents lundi à 79,98 cents vendredi, soit +1,3 % sur la semaine. Les cours ont atteint un pic à 82,05 cents mercredi avant de reculer. Le contexte reste partagé : le rapport USDA de juillet a relevé la production américaine 2026/27 à 13,70 millions de balles, au-dessus des attentes, pesant sur les cours. En revanche, la faiblesse de la mousson indienne, qui menace une production nationale représentant environ 25 % de l'offre mondiale, apporte un soutien de fond. Les perspectives restent fragiles tant que le dollar et le pétrole n'évoluent pas de concert dans une direction favorable.

Huile de palme : +2,5 % portée par le pétrole et El Niño

L'huile de palme a progressé de 4 650 MYR lundi à 4 722 MYR mercredi, soit +1,6 % sur les données disponibles s'arrêtant au 23 juillet. La remontée du pétrole renforce la prime biodiesel, et les anticipations El Niño sur les plantations indonésiennes et malaisiennes, qui représentent plus de 80 % de la production mondiale, continuent de soutenir les cours à moyen terme.

Caoutchouc RSS3 : marché quasi-illiquide, légère consolidation

Le caoutchouc RSS3 a évolué entre 282,00 et 290,00 SGD/kg sur la semaine, ouvrant lundi à 290,00 SGD et clôturant jeudi à 284,00 SGD. Les volumes restent extrêmement faibles, rendant toute analyse directionnelle peu fiable. La prime géopolitique sur le pétrole soutient indirectement le caoutchouc naturel en pénalisant le synthétique.

Synthèse

La semaine 29 illustre un marché en attente. Le pétrole oscille entre escalade militaire et espoirs de négociations, incapable de trancher entre les deux scénarios. Le cacao et le café soufflent après leurs envolées historiques, mais leurs fondamentaux continuent de se dégrader silencieusement : stocks au plus bas, récoltes en retard, perspectives 2026/27 sous pression. El Niño, dont la probabilité d'intensification reste élevée à 81 % selon le Climate Prediction Center américain, continue de structurer les anticipations sur l'ensemble des cultures tropicales. La semaine 31 dira si les espoirs de cessez-le-feu à Hormuz se concrétisent, ou si le cycle d'escalade géopolitique reprend une fois de plus le dessus.

Publié le 27/07/26 11:07

La Rédaction

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