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SIKA COMMODITIES WEEKLY 28 : Hormuz rallume l'incendie sur les marchés des matières premières

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La semaine 28 a été dominée par le retour en force de la géopolitique pétrolière. Après plusieurs semaines de décompression, la réescalade des hostilités entre Washington et Téhéran a propulsé le Brent de 78 à 88 dollars en cinq séances, soit sa plus forte progression hebdomadaire depuis le déclenchement du conflit. Pendant ce temps, le cacao et le café ont marqué une pause après leurs envolées historiques des deux semaines précédentes, digérant des gains considérables tout en conservant une prime de risque climatique intacte. Le coton a reculé, le sucre est resté stable et l'huile de palme a progressé modestement, soutenue par la remontée du pétrole et les anticipations El Niño.

Pétrole : Sixième nuit de frappes consécutives, le Brent gagne 15,9 % en une semaine

Le Brent a ouvert lundi à 78,00 dollars et clôturé vendredi à 88,10 dollars, soit un bond de 15,9 % sur la semaine, sa plus forte hausse hebdomadaire depuis le début du conflit. La séance de lundi a donné le ton : le Brent a progressé de 9,59 % à 83,30 dollars dès l'ouverture des marchés, après que les forces iraniennes ont lancé durant le week-end des attaques contre des bases américaines au Koweït et à Bahreïn et revendiqué une nouvelle fermeture du détroit d'Hormuz. Mardi a prolongé la hausse (+1,72 % à 84,73 dollars), mercredi a légèrement reculé (-0,85 % à 84,23 dollars), puis jeudi a connu un nouveau bond (+4,59 % à 88,10 dollars), le Commandement central américain ayant confirmé avoir achevé sa sixième nuit consécutive de frappes sur l'Iran, ciblant des infrastructures militaires et des capacités maritimes. En séance jeudi, le Brent a brièvement dépassé 88 dollars et le WTI 82 dollars.

Le Trésor américain a par ailleurs révoqué la dérogation de 60 jours accordée aux sanctions sur le pétrole iranien, interdisant toute nouvelle transaction à compter du 17 juillet. L'Iran a menacé de cibler "tout ce qui reste intact" si les frappes américaines se poursuivaient, et Kuwait a signalé qu'une centrale électrique et une unité de dessalement ont été touchées. L'AIE a averti qu'une escalade prolongée pourrait retarder la reconstitution des stocks mondiaux et perturber l'équilibre attendu du marché en fin d'année. Le Brent se retrouve désormais environ 9 % au-dessus de ses niveaux d'avant le déclenchement du conflit fin février, mais reste très loin de son pic d'avril à 126 dollars.

Cacao : Consolidation après l'envolée, mais les fondamentaux se dégradent

Le cacao a entamé la semaine en consolidation, ouvrant lundi à 5 696 dollars la tonne et clôturant vendredi à 5 533 dollars, soit -2,9 % sur la semaine. Le marché digère les gains exceptionnels des semaines 26 à 28, mais les fondamentaux continuent de se dégrader. Oxford Economics estime que la récolte 2026/27 en Côte d'Ivoire pourrait reculer de l'ordre de 20 %, les enquêtes de terrain révélant que plus de 20 % des fleurs et cherelles sont mortes entre mai et juin en raison des pluies excessives, auxquelles s'ajoute la propagation de la maladie du black pod favorisée par les conditions d'humidité. Reuters, citant quatre compteurs de cabosses et cinq grands exportateurs ivoiriens, indique que la récolte principale 2026/27 pourrait reculer de plus de 10 %. Le US Climate Prediction Center a par ailleurs relevé à 81 % la probabilité d'un El Niño très fort cet automne, susceptible de se prolonger jusqu'au printemps 2027, ce qui coïnciderait avec la période de floraison et de formation des cabosses pour la récolte 2027.

Café : Pause technique, les fondamentaux restent tendus

L'arabica a entamé la semaine en légère correction, ouvrant lundi à 335,10 cents et clôturant vendredi à 320,30 cents, soit -2,9 % sur la semaine. Mardi a brièvement repoussé les cours à la hausse, avec un pic à 352,40 cents, avant que les prises de bénéfices ne reprennent en milieu de semaine. Le robusta a suivi une trajectoire similaire, passant de 3 831 dollars lundi à 3 829 dollars vendredi, quasi inchangé sur la semaine mais avec une forte volatilité intraday.

Les fondamentaux restent structurellement tendus. Les stocks certifiés arabica ICE sont tombés à leur niveau le plus bas depuis février 2024, la perturbation de la récolte brésilienne par les pluies exceptionnelles de juin ayant aggravé la situation. Selon ADMIS, les conditions plus sèches récemment observées au Brésil sont bienvenues et permettent une reprise progressive de la récolte. Le US CPC a confirmé à 97 % la probabilité qu'El Niño persiste jusqu'au début du printemps 2027, ce qui coïnciderait avec la période de floraison et de formation des cerises pour la récolte 2027, une perspective qui continue de structurer les anticipations à moyen terme.

Coton : -3,5 % sous l'effet d'une offre américaine supérieure aux attentes

Le coton a reculé de 81,60 cents lundi à 78,63 cents vendredi, soit -3,5 % sur la semaine. Le rapport mensuel de l'USDA publié en milieu de semaine a estimé la production américaine 2026/27 à 13,70 millions de balles, au-dessus des attentes du marché fixées à 13,42 millions de balles et en hausse par rapport aux 13,30 millions du rapport de juin. Cette révision haussière de l'offre a pesé sur les cours, malgré le soutien apporté par la faiblesse persistante du monsoon indien et les anticipations El Niño sur la production indienne. Le coton cède ainsi une partie des gains enregistrés lors des semaines précédentes.

Sucre : Stabilité, El Niño crée un déficit mondial modeste

Le sucre #11 a évolué dans une fourchette étroite, ouvrant lundi à 14,89 cents et clôturant vendredi à 14,83 cents, quasi inchangé sur la semaine malgré une progression intermédiaire jusqu'à 15,22 cents jeudi. Czarnikow a projeté cette semaine un déficit mondial modeste de sucre de 600 000 tonnes métriques, attribuant en partie ce resserrement aux effets d'El Niño sur l'Inde et la Thaïlande. La remontée du pétrole a par ailleurs renforcé l'attrait de l'éthanol brésilien, réduisant mécaniquement la part de canne orientée vers le sucre et limitant ainsi la pression baissière sur les cours.

Huile de palme : Légère progression, +1,9 % sur la semaine

L'huile de palme a progressé de 4 543 MYR lundi à 4 597 MYR jeudi, soit +1,9 % sur la semaine, les données s'arrêtant au 16 juillet. La remontée du pétrole renforce la prime biodiesel et soutient les cours. Les anticipations El Niño sur les plantations indonésiennes et malaisiennes, qui représentent plus de 80 % de la production mondiale, commencent à se matérialiser dans les cours, même si les effets concrets sur les rendements ne se feront sentir qu'en fin d'année selon World Weather Inc.

Caoutchouc RSS3 : Rebond modeste dans un marché peu liquide

Le caoutchouc RSS3 a progressé de 278,50 SGD/kg lundi à 290,00 SGD jeudi, soit +4,1 % sur la semaine, dans un marché extrêmement peu liquide. La réescalade des tensions à Hormuz renchérit les coûts de transport et d'assurance maritime, soutenant indirectement le caoutchouc naturel au détriment du caoutchouc synthétique dont la chaîne d'approvisionnement dépend du pétrole.

Synthèse

La semaine 28 illustre la fragilité de l'équilibre atteint sur les marchés des matières premières. Le pétrole, qu'on croyait stabilisé, reprend violemment le dessus dès que la situation à Hormuz se dégrade à nouveau. Le cacao et le café marquent une pause méritée après leurs envolées historiques, mais leurs fondamentaux continuent de se détériorer : récoltes ivoiriennes en recul potentiel de 20 %, stocks arabica au plus bas depuis février 2024, et El Niño dont la probabilité d'intensification ne cesse de croître. Les anticipations climatiques et la géopolitique pétrolière dessinent désormais ensemble le paysage des matières premières pour le second semestre 2026.

Publié le 20/07/26 08:53

La Rédaction

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