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SIKA COMMODITIES WEEKLY 33 : Pétrole, sucre, cacao : les tensions sur l’offre se propagent

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La semaine 33 confirme deux tendances de fond. Le pétrole poursuit sa remontée entamée la semaine précédente, enregistrant un deuxième gain hebdomadaire consécutif, porté par le blocage persistant du détroit d'Ormuz. Le sucre, de son côté, franchit un nouveau palier et termine au-dessus de 17 cents la livre pour la première fois depuis plusieurs mois, sur fond de révisions des perspectives de déficit mondial et de mousson indienne toujours en retrait. Le cacao et le coton progressent également, tandis que le robusta se redresse modestement après son net repli de la semaine précédente.

Pétrole : +7,1 %, deuxième semaine de hausse consécutive

Le Brent a ouvert lundi à 86,57 dollars et clôturé vendredi à 92,67 dollars, en hausse de 7,1 % sur la semaine, portant son gain cumulé sur deux semaines à près de 13 %. Le moteur reste inchangé : le détroit d'Ormuz demeure fermé conformément aux termes fixés par Téhéran, tandis que de nouvelles attaques contre des navires dans la région ont ravivé les doutes sur une reprise rapide du trafic.

Selon les estimations de Kpler, les exportations en provenance du Golfe ne dépassaient encore que 9 millions de barils par jour en août, contre 18 millions avant le conflit. Ce déficit structurel continue de soutenir les cours, malgré des tentatives ponctuelles de désescalade rhétorique entre Washington et Téhéran.

Sucre : +6,3 %, plus haut niveau depuis plus d'un an

Le sucre a progressé de 16,56 à 17,61 cents la livre, soit une hausse de 6,3 % sur la semaine, portant les cours à leur plus haut niveau depuis plus d'un an.

La hausse combine plusieurs facteurs convergents : un retard de récolte au Brésil, des sucreries continuant de privilégier l'éthanol au détriment du sucre sur fond de pétrole ferme, et surtout une mousson indienne toujours inférieure à la moyenne dans les principales zones cannières. Cette situation alimente les craintes sur les stocks de clôture du pays, désormais estimés à leur plus bas niveau depuis plusieurs décennies.

Cacao : +4,7 %, le Ghana abaisse fortement sa prévision de récolte

Le cacao a ouvert lundi à 5 764 dollars et clôturé vendredi à 6 034 dollars, en hausse de 4,7 %, avec un bond de plus de 5 % dès lundi.

Le déclencheur est venu du Ghana, dont le régulateur Cocobod a abaissé sa prévision de production pour 2026/27 à une fourchette comprise entre 450 000 et 550 000 tonnes, contre 750 000 tonnes projetées pour la campagne en cours, en raison du swollen shoot, du vieillissement des vergers et des risques liés à El Niño.

Coton : +4,5 %, la tendance haussière se poursuit

Le coton a gagné 4,5 % sur la semaine, passant de 84,58 à 88,35 cents la livre, prolongeant sa dynamique haussière entamée fin juillet, sur fond de conditions de culture toujours dégradées aux États-Unis.

Café : contraste persistant entre arabica et robusta

L'arabica a progressé de 2,7 %, passant de 314,10 à 322,65 cents la livre, porté par les mêmes facteurs de rareté observés au cours des semaines précédentes.

Le robusta, après son plongeon de 5,9 % la semaine passée, se stabilise avec un gain modeste de 0,8 %, passant de 3 590 à 3 618 dollars, sans toutefois effacer sa correction récente.

Huile de palme : +4,1 %, portée par le rallye du pétrole

L'huile de palme a progressé de 4 821 à 5 018 MYR la tonne entre lundi et vendredi, soit une hausse de 4,1 % sur la semaine, portée par le rallye du pétrole, des exportations soutenues et un ringgit plus faible.

Caoutchouc RSS3 : marché toujours illiquide, quasi stable

Le RSS3 reste quasiment stable sur la semaine, passant de 274,90 à 276,00 SGD/kg, dans un marché toujours illiquide où des volumes proches de zéro limitent la portée de toute lecture directionnelle.

Le pétrole ne se contente plus de tirer l'huile de palme par le canal du biodiesel : à 92 dollars, il redevient un facteur transversal qui modifie les arbitrages énergétiques et, indirectement, certains arbitrages de production agricole.

Le sucre illustre bien ce mécanisme. Sa hausse de 6,3 % ne tient pas à un seul choc, mais à la convergence de plusieurs tensions qui se renforcent : retard brésilien, éthanol privilégié au détriment du sucre sur fond de pétrole ferme et mousson indienne toujours inférieure à la moyenne. C'est cette accumulation, plus que l'ampleur d'un seul facteur, qui explique la poursuite du mouvement cette semaine.

Le cacao, de son côté, marque un déplacement plus qu'une simple révision : les inquiétudes sur l'offre ouest-africaine, jusqu'ici fortement concentrées sur la Côte d'Ivoire, s'étendent désormais au Ghana, ce qui élargit le risque à l'échelle régionale.

À l'inverse, la stabilité apparente du RSS3 rappelle qu'un marché plat n'est pas nécessairement un marché calme : sur un contrat aussi illiquide, l'absence de mouvement reflète surtout l'absence de volumes et ne constitue donc pas un signal particulièrement fiable sur les fondamentaux.

Marcode JEAN-YAYAKA

Publié le 24/08/26 08:26

La Rédaction

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