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SIKA COMMODITIES WEEKLY 34 : Le cacao prend le relais, le pétrole reflue et le café sous pression

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La semaine 34 marque un renversement par rapport aux deux semaines précédentes. Le pétrole cède du terrain pour la première fois depuis mi-août, alors que la prime géopolitique s'effrite sur fond de désescalade entre Washington et Téhéran. Le cacao prend le relais avec un bond de près de 11 %, porté par un ralentissement des arrivées ivoiriennes et de nouvelles inquiétudes réglementaires en Afrique de l'Ouest. Le café recule dans son ensemble, l'arabica cédant sous la pression d'une récolte brésilienne record, tandis que le coton poursuit sa progression et que le sucre termine une semaine agitée sur une note quasiment neutre.

Pétrole : -4,1 %, la prime géopolitique s'effrite

Le Brent a ouvert lundi à 91,90 dollars et clôturé vendredi à 88,10 dollars, en repli de 4,1 % sur la semaine, après avoir touché un point bas à 84,56 dollars mardi.

Le mouvement s'explique par une succession de signaux de désescalade. Les nouvelles sanctions américaines annoncées lundi, présentées comme un " D-Day économique " contre l'Iran, ont finalement épargné les principales institutions par lesquelles transitent les paiements pétroliers iraniens. Une médiation pakistanaise s'est parallèlement engagée à Téhéran, tandis que l'Iran et Oman ont annoncé un accord sur le partage des revenus liés au détroit d'Ormuz.

Goldman Sachs estime par ailleurs que les exportations du Golfe sont remontées à 15-16 millions de barils par jour, encore loin des 22-24 millions d'avant-guerre, mais nettement au-dessus des 5-6 millions enregistrés au point bas de mars. Ces éléments s'ajoutent aux révisions à la baisse de la demande mondiale par l'OPEP et l'AIE, qui pèsent depuis plusieurs semaines sur les perspectives du marché.

Cacao : +10,8 %, l'offre ouest-africaine sous surveillance

Le cacao a ouvert lundi à 6 000 dollars la tonne et clôturé vendredi à 6 648 dollars, en hausse de 10,8 % sur la semaine, avec une nette accélération en fin de période (+5,87 % jeudi puis +7,69 % vendredi).

Le rythme des arrivées ivoiriennes, bien qu'encore supérieur de 20 % à celui observé un an plus tôt, montre des signes de ralentissement. Dans le même temps, les risques de non-conformité au règlement européen sur la déforestation (EUDR) font peser une menace supplémentaire sur une partie des flux d'exportation ouest-africains.

Au Ghana, l'incertitude autour du nouveau projet de loi concernant le régulateur Cocobod, contesté par une partie des organisations de producteurs, ajoute une dimension politique aux inquiétudes sur l'offre. Ces facteurs interviennent alors que la Côte d'Ivoire et le Ghana ont avancé d'un mois le début de la campagne 2026/27.

Café : recul général, l'arabica cède sous le poids de la récolte brésilienne

L'arabica a reculé de 3,7 %, passant de 324,90 à 312,85 cents la livre. La récolte brésilienne dépasse désormais 90 % d'avancement et s'oriente vers un niveau record d'environ 75 millions de sacs.

Alors que plusieurs entrepôts brésiliens approchent de leur capacité maximale, une partie des producteurs se voit contrainte de vendre, accentuant les prises de bénéfices après le récent rallye. Le robusta suit la même direction, avec un recul plus limité de 2,8 %, de 3 631 à 3 529 dollars la tonne.

Coton : +3,4 %, la progression se poursuit

Le coton a gagné 3,4 % sur la semaine, passant de 88,35 à 91,38 cents la livre et prolongeant ainsi la tendance haussière engagée à la fin juillet.

Sucre : semaine agitée, quasi stable sur cinq séances

Le sucre termine la semaine quasiment inchangée, passant de 17,58 à 17,56 cents la livre. Cette stabilité masque toutefois une forte volatilité intra-semaine : le gain de 3,41 % enregistré jeudi a été presque entièrement effacé par le recul de 3,46 % vendredi.

Caoutchouc RSS3

Le RSS3 recule légèrement sur les séances disponibles de lundi à jeudi, de 276,00 à 274,50 SGD/kg, dans un marché où les volumes restent proches de zéro.

La semaine illustre surtout trois lectures différentes du risque sur les marchés de matières premières. Sur le pétrole, ce n'est pas tant une amélioration soudaine des fondamentaux qui explique la baisse qu'une réévaluation du scénario géopolitique : les tensions autour d'Ormuz demeurent, mais la menace d'une interruption physique des flux paraît moins immédiate, entraînant le reflux de la prime accumulée depuis deux semaines.

Le cacao évolue à l'inverse. Un ralentissement encore limité des arrivées ivoiriennes a suffi à rappeler la fragilité structurelle de l'offre ouest-africaine, à laquelle viennent désormais s'ajouter des incertitudes réglementaires et politiques. Le marché réagit ainsi moins à une rupture effective de l'offre qu'à la multiplication des facteurs susceptibles de la contraindre.

Le café présente enfin une configuration opposée : l'abondance physique devient plus visible à mesure que la récolte brésilienne progresse. Malgré les risques climatiques associés à la prochaine campagne, le marché privilégie pour l'instant la pression immédiate de l'offre disponible, illustrant une semaine où les prix ont surtout réagi à la manière dont chaque marché réévalue son risque dominant.

Marcode JEAN-YAYAKA

Publié le 31/08/26 09:05

La Rédaction

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