La semaine 40 est marquée par une volatilité extrême sur le pétrole, qui est passé d'un plongeon sous 97 dollars mardi à un pic proche de 108 dollars jeudi matin, pour finir la semaine en hausse mesurée de 1,5 %. Le sucre poursuit sa progression, porté cette fois par l'envolée du real brésilien plutôt que par les seules perspectives d'offre. Le café arabica recule après un aller-retour marqué, tandis que cacao, robusta, coton, huile de palme et TSR20 terminent la semaine proches de l'équilibre.
Pétrole : +1,5 %, du plongeon au pic en trois séances
Le Brent a ouvert lundi à 103,15 dollars et clôturé vendredi à 104,72 dollars, en hausse de 1,5 % sur la semaine, mais ce chiffre masque l'une des séquences les plus agitées depuis plusieurs mois. Le contrat a chuté mardi jusqu'à un plus bas intrajournalier de 97,06 dollars, les estimations de JPMorgan montrant des exportations du Golfe revenues à 98 % de leur niveau d'avant-guerre et l'annonce d'une libération coordonnée de 100 millions de barils des réserves stratégiques des pays du G7.
Le marché s'est ensuite redressé mercredi et surtout jeudi, où les Houthis ont revendiqué des attaques contre des aéroports et une installation pétrolière saoudienne, propulsant les cours jusqu'à environ 108 dollars en matinée, leur plus haut niveau en plusieurs semaines. Cette poussée s'est toutefois atténuée en fin de séance après que Donald Trump a écarté toute nouvelle frappe contre l'Iran avant les élections de mi-mandat, ramenant le Brent à 104,28 dollars en clôture (+4,07 % sur la journée malgré le repli par rapport au pic matinal). L'AIE a par ailleurs relevé sa prévision de Brent pour le quatrième trimestre à 105 dollars, soit 14 dollars de plus que son estimation de septembre.
Sucre : +1,4 %, le real brésilien prend le relais des fondamentaux
Le sucre progresse de 19,97 à 20,25 cents la livre, mais la faible variation hebdomadaire dissimule une semaine très agitée. Les cours ont bondi de 4,01 % lundi, portés par une envolée du real brésilien après qu'un candidat favorable aux marchés a pris la tête du premier tour de l'élection présidentielle, un real plus fort incitant les producteurs brésiliens à retenir leurs ventes libellées en dollars. Le marché a ensuite donné un peu de lest, avec un repli de 3,26 % jeudi après plusieurs séances de prises de bénéfices de la part des producteurs. Les cours restent néanmoins proches de leur plus haut niveau depuis 2024, dans la continuité des révisions de déficit mondial des semaines précédentes.
Café : l'arabica recule de 2,1 % après un aller-retour marqué
L'arabica a d'abord grimpé au-dessus de 3 dollars la livre mardi, porté par le même mouvement du real brésilien que le sucre, avant de chuter de 3,86 % mercredi lorsque le ministère brésilien du Commerce a rapporté des exportations de café record pour septembre, en hausse de plus de 20 % sur un an. Le marché termine la semaine à 286,95 cents, en repli de 2,1 % par rapport à son niveau d'ouverture. Le robusta suit une trajectoire similaire mais plus contenue, quasiment stable à 3 470 dollars la tonne (-0,3 %).
Cacao, coton, huile de palme et TSR20 : des marchés proches de l'équilibre
Le cacao termine la semaine quasiment inchangé (5 658 à 5 665 dollars, +0,1 %). Le coton progresse de 2,0 % (79,00 à 80,54 cents) et l'huile de palme de 0,3 % (4 578 à 4 592 MYR). Le TSR20 gagne 1,7 % sur la semaine (260,4 à 264,8 SGD/kg), avec un passage par un point bas à 258,2 mercredi.
Le pétrole illustre cette semaine la difficulté du marché à choisir entre deux récits concurrents : une offre du Golfe qui se normalise, documentée par des données précises sur les exportations saoudiennes, et un risque d'escalade qui reste prêt à resurgir au moindre incident, comme l'a montré la réaction aux attaques houthies de jeudi. Sur le sucre et le café, c'est un facteur rarement déterminant d'ordinaire, le taux de change du real brésilien, qui a pris le pas sur les fondamentaux physiques en tout début de semaine, avant que les volumes d'exportation records du Brésil ne rappellent brutalement le marché du café à la réalité d'une offre abondante. Les autres marchés, restés proches de l'équilibre, suggèrent que cette agitation est restée largement circonscrite à l'énergie et aux deux matières premières les plus sensibles au real.
Publié le 12/10/26 11:57
La Rédaction
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CEMAC