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SIKA COMMODITIES WEEKLY 43 : Le Brent au plus haut en six mois, le sucre encaisse le choc Lula

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La semaine 43 oppose deux chocs de nature très différente, l'un géopolitique et progressif, l'autre politique et instantané. Le pétrole enchaîne un quatrième mois de hausse consécutif, tandis que le sucre encaisse dès l'ouverture de semaine l'une de ses pires séances de l'année. Huile de palme, café, cacao, coton et TSR20 évoluent dans l'ombre de ces deux mouvements.

Pétrole : +1,5 %, plus haut niveau en six mois

Le Brent a ouvert lundi à 115,88 dollars et clôturé vendredi à 117,64 dollars, en hausse de 1,5 % sur la semaine, son plus haut niveau de clôture depuis fin avril. Le contrat décembre, qui expirait vendredi, signe ainsi un quatrième mois de hausse consécutif, avec une progression d'environ 13,6 % sur octobre.

La semaine a connu une respiration mercredi et jeudi, les cours reculant légèrement sur des espoirs de pourparlers de paix entre Washington et Téhéran. Ce répit a été balayé vendredi par l'attaque d'un pétrolier dans le détroit d'Ormuz au moyen de mines à ventouse, une première depuis le début du conflit, qui a propulsé le Brent au-dessus de 118 dollars en séance avant qu'il ne clôture à 117,64 dollars (+2,4 % sur la journée). Selon Axios, l'administration Trump aurait par ailleurs prévenu ses alliés du Golfe de se préparer à une reprise des frappes contre l'Iran dès le lendemain des élections de mi-mandat du 3 novembre, même si le président américain s'est engagé publiquement à ne rien entreprendre avant ce scrutin.

Sucre : -2,5 %, le choc électoral brésilien

Le sucre a ouvert lundi à 19,85 cents et clôturé vendredi à 19,36 cents, en repli de 2,5 % sur la semaine, mais ce chiffre masque une séance isolée : un recul de clôture à clôture de 5,63 % dès lundi, avec un plus bas intrajournalier à 18,85 cents, soit 3,2 % sous la clôture du vendredi précédent. Ce plongeon fait suite à la réélection surprise de Luiz Inácio Lula da Silva pour un quatrième mandat non consécutif, qui a fait chuter le real brésilien jusqu'à 12 % en séance. Un real plus faible incite mécaniquement les exportateurs brésiliens à vendre davantage de sucre, dont les recettes en dollars valent proportionnellement plus en monnaie locale.

Le marché s'est stabilisé dès mardi, sans effacer la perte de lundi. Les fondamentaux physiques restent pourtant tendus à moyen terme : l'Inde a démarré sa campagne 2026/27 avec une production en retrait, et les rendements de betterave européenne sont attendus 12 % sous la moyenne, avec des pertes sévères en France, en Autriche et en Slovaquie.

Huile de palme : -2,3 %, quatrième séance de repli consécutive

L'huile de palme a reculé de 4 789 à 4 681 MYR la tonne, enchaînant quatre séances de baisse jusqu'à jeudi avant un rebond vendredi. La pression est venue de la faiblesse des huiles concurrentes sur les marchés de Dalian et de Chicago, de stocks malaisiens déjà record (3,51 millions de tonnes en septembre) et du raffermissement du ringgit. Le repli du pétrole jeudi, qui réduit temporairement l'attrait du débouché biodiesel, a ajouté à la pression, malgré des exportations malaisiennes en forte hausse sur la première quinzaine d'octobre.

Café, cacao, coton et TSR20 : repli plus mesuré

L'arabica recule de 3,8 % (298,40 à 287,20 cents) et le robusta reste quasiment stable (3 200 à 3 204 dollars). Le cacao cède 1,0 % (5 510 à 5 453 dollars) et le coton 2,8 % (80,05 à 77,83 cents). Le TSR20 recule de 2,3 % sur la semaine (252,1 à 246,4 cents/kg, contrat décembre), dans un marché toujours peu liquide.

La semaine illustre deux vitesses de propagation très différentes pour un choc de marché. La prime géopolitique sur le pétrole s'est construite sur plusieurs mois, s'épaississant à chaque incident jusqu'à atteindre, selon Goldman Sachs, environ 27 dollars du baril. Cette prime traduit un risque anticipé qui s'ajoute aux facteurs fondamentaux et maintient les cours sous pression haussière. Le choc électoral brésilien, à l'inverse, s'est propagé en une seule séance, rappelant que les marchés agricoles peuvent être exposés à la politique intérieure d'un pays producteur par un canal unique : le taux de change. Dans les deux cas, les facteurs d'offre et de demande n'ont pas disparu, comme le montrent les tensions persistantes sur le sucre indien et européen. Ils ont simplement été relégués au second plan par des chocs d'une autre nature.

Marcode JEAN-YAYAKA

Publié le 02/11/26 08:33

La Rédaction

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