La note souveraine du Cameroun ne bouge pas. S&P Global Ratings a confirmé, le 18 septembre 2026, les notes à long et court terme du pays à " B- " et " B ", en monnaies locale et étrangère, avec une perspective stable. L'évaluation du risque de transfert et de convertibilité reste, quant à elle, fixée à " BBB ".
S&P a abaissé sa prévision de croissance du PIB réel à 3,5 % en 2026, un rythme qui devrait se maintenir en 2027, avant une accélération à 4,5 % en 2028 et 2029. Cette révision s'explique notamment par la contraction du secteur des hydrocarbures et par des performances moins élevées qu'anticipé dans l'agriculture, l'industrie manufacturière, l'agro-industrie et la construction.
Le recul de la production pétrolière constitue l'un des principaux facteurs de cette dégradation des perspectives. Déjà engagée dans un déclin structurel lié au vieillissement des champs du bassin du Rio del Rey, elle devrait passer de 54 200 barils par jour en 2025 à 52 000 barils en 2026, puis à 43 800 barils en 2028.
À cette baisse s'ajoute la perspective d'un recul marqué de la production de gaz naturel liquéfié. Le départ du navire-usine Hilli Episeyo des côtes de Kribi devrait entraîner une forte diminution de la production dès 2027. Le projet Yoyo-Yolanda, développé avec la Guinée équatoriale et doté de réserves estimées à 2 500 milliards de pieds cubes, doit prendre le relais à partir de 2028. S&P souligne toutefois que des retards dans sa mise en œuvre restent possibles.
Le secteur minier comme relais de croissance
Face au recul attendu des hydrocarbures, le secteur minier apparaît comme l'un des principaux relais de croissance. S&P recense un programme d'investissement de 3,1 milliards de dollars réparti sur trois projets de minerai de fer, dont le projet transfrontalier Mbalam-Nabeba, développé avec le Congo et adossé à une ligne ferroviaire de 540 kilomètres reliant les zones minières au port de Kribi.
Les infrastructures énergétiques devraient également soutenir la productivité à moyen terme. La centrale de Nachtigal fournit désormais environ 30 % de l'électricité nationale, tandis que les futurs barrages de Grand Eweng et de Kikot doivent contribuer à renforcer davantage l'offre énergétique.
Ces perspectives sectorielles favorables ne suffisent toutefois pas à effacer les tensions attendues sur les finances publiques et la position extérieure du pays.
Après un déficit budgétaire moyen inférieur à 1,1 % du PIB entre 2022 et 2025, celui-ci devrait atteindre 2,5 % du PIB en 2026. S&P attribue cette dégradation à l'augmentation des subventions énergétiques ainsi qu'à la progression des dépenses sociales, sécuritaires et d'infrastructures.
L'agence relève néanmoins des avancées dans la mobilisation des recettes fiscales, notamment grâce à la digitalisation et à l'élargissement de l'assiette fiscale. Ces efforts devraient contribuer à réduire progressivement le déficit, qui reviendrait à 1,5 % du PIB en 2027, puis autour de 1 % en 2028 et 2029.
La trajectoire de la dette reste, elle aussi, sous surveillance. La dette publique générale devrait culminer à 42,4 % du PIB en 2026 avant de refluer à 39,1 % en 2029. S&P considère encore ce niveau comme modéré, d'autant que l'endettement reste largement porté par des créanciers officiels.
La principale fragilité se situe davantage du côté de la position extérieure. Le déficit courant devrait atteindre 4,4 % du PIB en 2026, contre 3,8 % en 2025, avant de se stabiliser autour de 4 % jusqu'en 2029. Cette dégradation devrait se traduire par une érosion progressive de la couverture des importations par les réserves utilisables.
Celle-ci passerait ainsi de 4,6 mois d'importations en 2025 à 3,8 mois en 2026, puis 3,6 mois en 2027, 3,2 mois en 2028 et seulement 2,9 mois en 2029. En valeur, les réserves sont estimées à 4,6 milliards de dollars en 2026, contre 4,7 milliards de dollars en 2025, avant de tomber à 3,7 milliards de dollars en 2029.
S&P rappelle que les négociations en vue d'un nouveau programme, après l'expiration du précédent en août 2025, ont peu progressé. L'agence n'envisage désormais pas de conclusion avant 2027.
Claude Paul Tjeg
Publié le 21/09/26 02:45
La Rédaction
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