Selon la Stratégie de gestion de la dette à moyen terme 2024-2026 publiée le 12 décembre 2025, par le ministère tchadien des Finances, le Tchad prévoit de mobiliser 977,6 milliards FCFA (1,7 milliard USD) sur l'année 2026 pour couvrir ses besoins budgétaires et assurer l'équilibre de trésorerie. Ce volume d'endettement vise à faire face aux remboursements programmés dans le cadre du service de la dette et aux exigences de liquidité pour la conduite de l'action publique.
Le document indique que cette enveloppe sera levée entre janvier et décembre 2026. La structure retenue pour 2026 repose majoritairement sur le marché intérieur, avec 684,3 milliards FCFA, soit 70 % du total. Cette orientation vise à limiter l'exposition aux variations de change en s'appuyant davantage sur des instruments émis localement.
Les Obligations du Trésor assimilables représentent la moitié du financement annuel, ce qui permet d'étirer la durée moyenne de la dette et de réduire les risques liés au refinancement rapide. Les Bons du Trésor couvrent 8 % du besoin, un niveau jugé compatible avec la gestion de la liquidité, tandis que 100 milliards FCFA doivent être levés auprès du public sous forme d'emprunts obligataires.
Les financements extérieurs atteignent 293,3 milliards FCFA, soit 30 % du besoin annuel. Cette part est essentiellement constituée de ressources dites " concessionnelles ", c'est-à-dire des prêts accordés à des conditions avantageuses, avec des taux bas et des maturités longues.
La stratégie mentionne des décaissements attendus du FMI – dans le cadre de la Facilité élargie de crédit – mais aussi des appuis multilatéraux et bilatéraux en euros, dollars et yuan. Cette diversité de devises, note le document, impose un suivi renforcé du risque de change pour préserver la soutenabilité du portefeuille.
Pour mémoire, le stock attendu de la dette publique à fin 2025, est de 3 715 milliards FCFA, soit 30,4 % du PIB, contre 3 586,2 milliards FCFA un an plus tôt. L'augmentation est attribuée aux émissions d'OTA réalisées tout au long de 2025 et aux décaissements liés au programme avec le FMI. Le ratio dette-PIB reste nettement en dessous du plafond communautaire de 70 % fixé en zone CEMAC. L'encours est réparti entre 1 836,2 milliards FCFA de dette extérieure (49,4 %) et 1 878,8 milliards FCFA de dette intérieure (50,6 %).
Perton Biyiha
Publié le 13/12/25 09:47
La Rédaction
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CEMAC