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Togo : La microfinance atteint 352 milliards FCFA de crédits en 2025 pour un taux de dégradation du portefeuille de 6,7%

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Le contraste est saisissant. D'un côté, une expansion fulgurante qui consacre le Togo comme l'un des champions africains de l'inclusion financière. De l'autre, une dégradation préoccupante de la qualité des portefeuilles qui menace les fondations mêmes du secteur.

Derrière les performances éclatantes de la microfinance togolaise, une équation délicate se dessine entre croissance rapide et maîtrise du risque.

Une dynamique de croissance hors norme

Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Le secteur de la microfinance au Togo revendique aujourd'hui près de 4,7 millions de clients, signe d'un ancrage profond dans le tissu économique et social. L'encours de crédit atteint 352 milliards FCFA, en progression de 18,5% sur la période 2022-2025, selon les chiffres officiels consultés par Sika Finance. Plus remarquable encore, le taux d'inclusion financière s'élève à 90,7%, un niveau exceptionnel dans la sous-région.

Cette trajectoire témoigne d'un modèle qui fonctionne. La microfinance s'impose comme un levier clé de bancarisation des populations, en particulier les plus vulnérables, souvent exclues des circuits financiers classiques. Elle soutient l'activité des petits entrepreneurs, irrigue les économies locales et contribue à la résilience des ménages.

Une qualité de portefeuille sous pression

Mais cette expansion rapide n'est pas sans contrepartie. Le secteur fait face à une montée significative du risque de crédit. Le taux brut de dégradation du portefeuille est passé de 4,2% en 2022 à 7,8% en 2024, soit bien au-delà du seuil prudentiel de 3% fixé par la BCEAO.

Certes, une légère amélioration est observée en 2025, avec un repli à 6,7%. Mais le niveau reste élevé et continue de susciter de fortes inquiétudes. Cette dérive traduit des fragilités structurelles, qu'il s'agisse de pratiques de crédit insuffisamment rigoureuses, de surendettement des clients ou encore de difficultés économiques affectant les emprunteurs.

En creux, c'est la soutenabilité du modèle qui est interrogée. Une croissance trop rapide, si elle n'est pas accompagnée d'une gestion rigoureuse des risques, peut fragiliser durablement les institutions.

Une mobilisation collective pour enrayer la dérive

Face à ces signaux d'alerte, les autorités monétaires et les acteurs du secteur ont décidé de réagir. À Lomé, la BCEAO, en partenariat avec la Direction de la Microfinance et l'Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés du Togo, a réuni 150 acteurs clés du secteur.

Objectif affiché, comprendre les ressorts de cette dégradation et identifier des solutions concrètes. Les discussions ont porté sur le renforcement des mécanismes de recouvrement, l'amélioration des pratiques de gestion du crédit et l'introduction d'outils innovants de suivi.

Parmi les mesures envisagées figure la mise en place d'un comité de suivi au sein de l'APSFD-Togo, chargé de produire un reporting régulier sur l'évolution du secteur. Une initiative qui traduit une volonté de renforcer la discipline et la transparence.

Publié le 27/03/26 19:39

La Rédaction

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