La Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) a récemment publié son Bulletin mensuel des statistiques, révélant un taux d'inflation de 2,6% en décembre 2024, en glissement annuel, contre 2,5% en novembre. Malgré cette légère hausse, l'inflation reste en deçà du seuil critique de 3% fixé par l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), ce qui traduit une certaine stabilité des prix dans la région.
Une inflation tirée par les produits alimentaires
L'augmentation marginale du taux d'inflation s'explique principalement par la hausse des prix des produits alimentaires. Leur contribution à l'inflation globale est passée de 1,5 point de pourcentage (pdp) en novembre à 1,6 pdp en décembre 2024.
En revanche, d'autres composantes significatives du panier de consommation, telles que le logement ainsi que la catégorie ‘'restaurants et hôtels'', ont maintenu une contribution stable de 0,3 pdp chacune.
Disparités inflationnistes au sein de l'Union
L'analyse par pays met en évidence des écarts significatifs en matière d'inflation au sein de l'UEMOA. La Guinée-Bissau s'impose comme le pays le plus touché par la hausse des prix, avec un taux d'inflation de 5,7%, suivie du Burkina Faso et du Mali (4,9% chacun) ainsi que du Niger (4,7%). Le cas du Niger est particulièrement remarquable : après avoir atteint un pic inflationniste de 15,4% en juin 2024, le pays est parvenu à ramener son taux à 4,7%, témoignant d'un net ralentissement de la pression sur les prix.
À l'opposé, le Bénin affiche une inflation négative de -0,4%, ce qui en fait le pays le moins inflationniste de l'Union en décembre 2024. Il est suivi du Sénégal (0,3%) et du Togo (1,2%), traduisant une dynamique de modération des prix dans ces économies.
La Côte d'Ivoire, avec un taux d'inflation de 2,1% sur la même période, se maintient également sous le seuil de 3%, confirmant la stabilité relative de son environnement économique.
Si l'inflation demeure globalement maîtrisée au sein de l'UEMOA, certaines tensions sectorielles, notamment sur les produits alimentaires, méritent une surveillance accrue.
Publié le 02/02/25 10:43
Dr Ange Ponou
SN
CEMAC