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UEMOA : Le déficit budgétaire se réduit fortement de 23,7% à 5 560 milliards FCFA en 2025

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L'exercice 2025 restera dans les annales comme une année charnière pour les finances publiques de l'UEMOA. Regroupant 8 pays ayant en partage une monnaie commune, le franc CFA, et un cadre de convergence macroéconomique contraignant, cette zone d'intégration régionale affiche des résultats budgétaires solides.

Avec des recettes budgétaires totales portées à 25 396,5 milliards FCFA, soit une progression de 13,3% en glissement annuel, les États membres de l'Union affichent collectivement une capacité de mobilisation des ressources qui confère à cette performance un signe positif.

Une pression fiscale qui monte en puissance

Au cœur de cette dynamique, les recettes fiscales constituent le moteur principal de cette performance budgétaire. Elles ont progressé de 13,7% à 22 160,5 milliards FCFA, reflétant une activité économique dont la vitalité a alimenté les caisses des États de manière soutenue tout au long de l'année.

Le taux de pression fiscale, qui mesure la part des prélèvements obligatoires dans la richesse nationale exprimée par le produit intérieur brut (PIB), s'est établi à 14,9% en 2025, contre 14,4% en 2024. Ce gain de 50 points de base en une seule année marque la montée en régime progressive des administrations fiscales ; la norme communautaire fixant par le Pacte de convergence, de stabilité, de croissance et de solidarité de l'UEMOA recommandant un seuil minimal de 20%.

À cette dynamique endogène s'est ajouté un afflux notable de ressources extérieures non remboursables. Les dons, qui regroupent les transferts accordés par les bailleurs de fonds internationaux sans contrepartie de remboursement, ont progressé de 28,1% à 1 223,4 milliards FCFA.

Une dépense mieux ciblée, sinon mieux contenue

Si la recette progresse à deux chiffres, la dépense, elle, avance à un rythme plus mesuré à l'échelle de l'espace communautaire. Les dépenses totales et prêts nets des États membres se sont élevés à 32 189,9 milliards FCFA, en hausse de 5% seulement, soit une cadence deux fois inférieure à celle des recettes. Ce différentiel de rythme est précisément ce qui a permis la réduction du déficit agrégé de l'Union.

Ramenées à la taille de l'économie régionale, les dépenses totales représentent désormais 21,7% du PIB de l'UEMOA, en recul de 0,9 point par rapport à l'exercice précédent.

La décomposition de ces dépenses révèle toutefois des tensions structurelles persistantes au sein des budgets nationaux. Les charges courantes ont progressé de 5,9% à 20 716 milliards FCFA. Ce rythme est porté par 3 postes particulièrement dynamiques, à savoir les paiements d'intérêts sur la dette publique (+12,9% à 3 869,9 milliards FCFA), la masse salariale (+7,2% à 7 700,3 milliards FCFA), ainsi que les autres dépenses courantes (+6,3% à 4 561,5 milliards FCFA).

Un élément positif mérite néanmoins d'être relevé : les transferts et subventions, souvent perçus comme l'un des vecteurs les plus inefficients de la dépense publique en raison de leur ciblage parfois approximatif, ont reculé de 1,5% à 4 584,3 milliards FCFA à l'échelle de l'Union.

Cependant, le retrait de 0,3% à 9 777,3 milliards FCFA des dépenses en capital, qui regroupent les investissements publics destinés à renforcer le stock d'infrastructures et à soutenir la croissance à long terme dans l'espace communautaire, interpelle.

Un déficit qui se réduit de manière significative

La conjugaison de recettes en forte hausse et d'une dépense relativement maîtrisée a produit l'effet attendu sur le solde budgétaire agrégé de l'UEMOA. Le déficit budgétaire de l'Union, calculé en base engagements et dons compris, c'est-à-dire en intégrant l'ensemble des obligations contractées par les États au cours de l'exercice ainsi que les ressources gratuites reçues de l'extérieur, s'est contracté de 1 728,2 milliards FCFA pour se fixer à 5 559,9 milliards FCFA, soit 3,7% du PIB régional.

En 2024, ce même ratio atteignait 5,4% du PIB, une différence de 1,7 point qui, en termes macroéconomiques, représente une compression budgétaire d'une ampleur rarement observée sur un exercice annuel unique au sein de la zone.

Publié le 27/03/26 14:56

Dr Ange Ponou

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