L'armateur belge Exmar, spécialisée dans les solutions flottantes de transport et de transformation de gaz, a dévoilé ce 26 mars 2026, des indicateurs financiers en net repli pour l'exercice 2025, illustrant la fin d'un cycle de croissance exceptionnelle liée à ses actifs gaziers en République du Congo. Le bénéfice net du groupe s'est établi à 74,3 millions de dollars, marquant une chute de près de 60 % par rapport aux 181 millions de dollars enregistrés en 2024. Cette décompression des marges s'explique principalement par un effet de base défavorable, l'exercice précédent ayant été dopé par des cessions d'actifs non récurrentes et la finalisation de phases d'ingénierie lourdes sur le bloc Marine XII.
Le chiffre d'affaires consolidé, ressorti à 248,1 millions de dollars, témoigne toutefois d'une résilience du modèle opérationnel de l'entreprise. Désormais, la structure des revenus d'Exmar au Congo repose sur des flux récurrents provenant des contrats d'exploitation et de maintenance (O&M) pour le compte d'Eni. Si ces services de gestion technique offrent une visibilité de long terme, ils génèrent mécaniquement des marges moins élevées que les phases de construction et de vente d'unités flottantes de liquéfaction (FLNG), confirmant la mutation du groupe de "propriétaire d'infrastructures" vers un profil de "prestataire de services spécialisés".
En marge de cette normalisation financière, un enjeu de trésorerie subsiste sous la forme d'un arbitrage international à Londres. Exmar réclame à son partenaire Eni un bonus de performance de 44 millions de dollars lié à l'efficacité de l'unité Tango FLNG au large de Pointe-Noire. Bien que ce contentieux soit secondaire par rapport à la stratégie globale, son dénouement reste un catalyseur majeur pour l'exercice 2026. Le groupe a déjà enregistré un signal positif début 2025 avec la reprise d'une provision de garantie de 15 millions de dollars.
Pour 2026, la stratégie d'allocation du capital d'Exmar se tourne résolument vers le segment de l'ammoniac, financé par les cash-flows générés en Afrique centrale. L'armateur a validé en ce premier trimestre les tests techniques de ses nouveaux moteurs à deux temps, préparant la mise en service d'une flotte de transporteurs MGC de nouvelle génération.
Idrissa Diakité
Publié le 27/03/26 11:35
La Rédaction
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