L'UEMOA a enregistré en 2025 une croissance de 6,7 %, en accélération par rapport à 6,2 % en 2024, selon les projections élaborées par la Commission dans son rapport annuel publié fin 2025. Dans un environnement international marqué par des incertitudes, cette performance s'explique par une combinaison de facteurs structurels et conjoncturels qui ont soutenu l'activité dans l'ensemble des États membres.
Premier moteur de cette dynamique, la montée en puissance des ressources énergétiques. L'entrée en production et l'intensification de l'exploitation de gisements de pétrole et de gaz en Côte d'Ivoire, au Niger et au Sénégal ont contribué à soutenir la croissance et à renforcer les recettes d'exportation, indique le rapport.
Ces nouvelles capacités ont également permis une amélioration des comptes extérieurs, en diversifiant les sources de devises dans une zone historiquement dépendante des matières premières agricoles.
La solidité de la demande intérieure a constitué un deuxième pilier majeur. La consommation des ménages et les dépenses publiques ont continué de soutenir l'activité, amortissant en partie les chocs externes. Dans le même temps, le maintien de prix élevés pour plusieurs matières premières agricoles a favorisé les revenus d'exportation et soutenu les économies rurales, avec des effets d'entraînement sur l'ensemble du tissu économique.
Une croissance tirée par tous les secteurs
La performance de 2025 repose sur une contribution conjointe des trois grands secteurs de l'économie.
Le secteur primaire a bénéficié d'une progression de la production vivrière, ainsi que du développement de l'élevage et de la pêche, note le document. Le secteur secondaire s'est appuyé sur le dynamisme des activités extractives, le regain de l'industrie manufacturière et l'essor du BTP, porté par les investissements en infrastructures.
Enfin, le secteur tertiaire a, de son côté, confirmé son rôle moteur, avec une expansion des transports, du commerce, du tourisme et des télécommunications, en lien avec l'urbanisation et la transformation des économies locales.
Des moteurs solides mais à consolider
Si ces moteurs ont permis à l'UEMOA de maintenir un rythme de croissance élevé en 2025, leur soutenabilité reste un enjeu. La dépendance aux hydrocarbures pour certains pays, la volatilité des prix des matières premières et les contraintes sécuritaires continuent de peser sur les perspectives. Dans le secteur agricole, la chute des cours du cacao et la pression sur ceux de la noix de cajou seront un contrecoup pour la région. Toutefois, la crise dans le Moyen-Orient et le rebond des cours du brut pourrait jouer le rôle de contrechoc même si fans le même temps la flambée attendues de la facture des importations de carburants devrait à nouveau peser sur les économies.
Publié le 08/04/26 10:20
La Rédaction
SN
CEMAC