En octobre 2024, le niveau général des prix dans l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a progressé de 3,4%, marquant un léger ralentissement par rapport à l'augmentation de 3,6% enregistrée en septembre. Cette décélération de 0,2 point de pourcentage, selon les chiffres officiels, offre une lueur d'espoir pour le pouvoir d'achat des ménages dans la région.
Une accalmie tirée par les produits alimentaires
L'analyse des composantes de l'indice des prix à la consommation révèle que cette décélération s'explique principalement par la baisse de rythme de l'inflation dans la catégorie des produits alimentaires. Ces derniers ont vu leurs prix augmenter de 4,6% en octobre, contre 5% le mois précédent, soit une contribution à l'inflation globale ramenée de 2,4 points de pourcentage (pdp) à 2,1 pdp.
D'autres composantes, telles que le logement et les ‘'restaurants et hôtels'', ont contribué de manière plus modeste à l'inflation, avec une part respective de 0,3 pdp.
Cette tendance générale masque toutefois des disparités importantes entre les pays membres. La baisse de l'inflation a été particulièrement notable dans six pays, à savoir au Bénin (-0,5 point à 2,1%), en Côte d'Ivoire (-0,2 point à 2,6%), en Guinée-Bissau (-0,1 point à 4,9%), au Niger (-2,4 points à 5,2%) et au Togo (-1,5 point à 1,7%).
En revanche, certains pays ont enregistré une hausse de l'inflation. Il s'agit du Mali (+1,1 point à 6,6%), du Burkina Faso (+0,1 point à 6,3%) et du Sénégal (+0,4 point à 1,7%).
Une conformité limitée aux objectifs communautaires
Malgré cette amélioration globale, seuls trois pays respectent actuellement la norme communautaire de 3% d'inflation fixée par l'UEMOA, confirmant les difficultés à harmoniser les politiques monétaires et économiques dans la région.
Inflation sous-jacente stable
Enfin, le taux d'inflation sous-jacente – qui exclut les prix volatils des produits frais et de l'énergie – est resté stable à 2,3%, signalant une maîtrise relative des pressions inflationnistes de fond.
Cette évolution mitigée souligne l'importance d'efforts coordonnés pour maintenir l'inflation à un niveau soutenable, tout en adressant les disparités entre les États membres.
Publié le 03/12/24 11:24
Dr Ange Ponou
SN
CEMAC