Au cours de la 3ème semaine du mois de juin 2023, 5 émissions ont été organisées sur le marché des titres publics, totalisant une mise en adjudication initiale de 188 milliards FCFA, dont une "réémission"* de 18 milliards FCFA. Cette sollicitation, réalisée à travers des opérations de court-terme (bons de 3, 6 et 13 mois) ainsi que du moyen et long terme (3 et 5 ans), a permis de réunir un montant total de 238,8 milliards FCFA, représentant un taux de souscription moyen de 123%. Ce taux de couverture est en ligne avec celui de 124% observé lors de la semaine précédente, témoignant de l'attrait du marché de la dette souveraine.
Face à cette offre généreuse émanant des investisseurs de l'Union, un montant de 202,3 milliards FCFA a été retenu, dont 55 milliards FCFA pour la Côte d'Ivoire, 54 milliards FCFA pour le Sénégal, 44 milliards FCFA pour le Niger, 31 milliards FCFA pour le Burkina Faso et 18 milliards FCFA pour la Guinée-Bissau.
- La Guinée-Bissau a procédé à une réémission de 18 milliards FCFA
À la suite de la réémission effectuée par le Niger, c'est au tour de la Guinée-Bissau d'effectuer une opération de rachat. Le 19 juin 2023, la République de Guinée-Bissau a mené une double opération sur le marché des titres publics de l'UEMOA. Cette intervention a pris la forme d'une réémission de bons et d'obligations assimilables du Trésor, avec des échéances fixées à 12 mois et 3 ans, accompagnée simultanément du rachat de titres préalablement émis avec les mêmes échéances. Cette initiative s'inscrit dans le contexte plus large de la restructuration de la dette du pays.
- Les investisseurs ivoiriens répondent à l'appel de l'État de Côte d'Ivoire
A la recherche d'un montant de 50 milliards FCFA, via une émission simultanée de Bons et d'Obligations assimilables du Trésor (BAT et OAT) ce 20 juin, la Côte d'Ivoire a réussi à lever 55 milliards FCFA, sur une offre globale de 70,32 milliards FCFA (soit un taux de couverture de 140,63%). Les investisseurs de quatre places ont répondu à cet appel, la place ivoirienne contribuant à hauteur de 88% de l'offre.
- Le Burkina Faso mobilise 31,5 milliards FCFA
Le 21 juin 2023, le Burkina Faso a émis un BAT de 12 mois ainsi que deux OAT de 3 et 5 ans, dans le but de mobiliser 30 milliards FCFA auprès des investisseurs de l'UEMOA. Finalement, le pays a retenu un montant de 31,5 milliards FCFA, correspondant à la totalité des propositions des investisseurs. Tout comme la Côte d'Ivoire, la majeure partie des offres provenaient des investisseurs de la place burkinabè, s'élevant à 22,4 milliards FCFA.
- Le Niger, le pays le plus courtisé de la semaine
Le Niger a emprunté un montant de 44 milliards FCFA lors d'une émission simultanée de bons du Trésor (BAT) avec des échéances de 6 et 12 mois, ainsi que d'obligations assimilables du Trésor (OAT), sur le marché des titres publics. Cette opération s'est déroulée le jeudi 22 juin 2023. Alors que la demande initiale s'élevait à 40 milliards FCFA, l'intérêt suscité par cette émission a conduit à une offre globale de 59 milliards FCFA, provenant de 21 investisseurs issus de 7 pays. Le taux de couverture a ainsi atteint 147,52%.
- Le Sénégal mobilise 54 milliards FCFA
Le vendredi 23 juin 2023, le Sénégal a procédé à une émission simultanée de bons (BAT de 12 mois) et d'obligations (OAT de 3 et 5 ans), dans le but de lever 50 milliards FCFA. Finalement, le pays a réussi à mobiliser 54,37 milliards FCFA. En détail, les soumissions des 25 participants ont atteint un montant total de 59,6 milliards FCFA, aboutissant à un taux de couverture de 119,2%. Les plus importantes soumissions, respectivement de 30,24 milliards FCFA et 21,86 milliards FCFA, provenaient des places financières sénégalaise et burkinabè.
Dans l'ensemble, les États ont pu mobiliser un excédent de 14,38 milliards FCFA au cours de la semaine écoulée, en réponse à l'intérêt des investisseurs resté intact. Ce supplément de revenu mobilisé par les États vient conforter l'amélioration des conditions du marché ainsi que le caractère régional et intégré du Marché des Titres Publics au regard de la diversité et de la résidence des investisseurs.
A savoir :Le rachat intervient lorsqu'un Etat éprouve la nécessité de restructurer sa dette, soit parce que l'emprunt a été contracté à un taux élevé qu'il essaie de mitiger, soit parce qu'il anticipe des difficultés pour faire face à ses prochaines échéances. Ce rachat est accompagné simultanément d'une nouvelle émission généralement sur une plus longue maturité ou à des conditions plus favorables.
Sékou Karamoko
Publié le 26/06/23 11:39
La Rédaction
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