Après l'orage des tensions, peut être le temps de la conciliation entre le Mali et la communauté internationale. Un mois jour pour jour après l'embargo imposé par la CEDEAO, des négociations formelles seront entamées afin de trouver une issue à une situation que les autorités maliennes ont récemment qualifiée " d'inhumaine ".
En effet, la junte au pouvoir annonce via un communiqué ce 9 février, la mise en place " d'un mécanisme de concertation visant à rechercher une solution conciliant les aspirations du peuple malien et les demandes de la communauté internationale " pour aboutir à l'adoption d'un chronogramme consensuel.
Cette annonce marque symboliquement l'ouverture des négociations (ou du moins une réelle volonté) pour Bamako qui courrait le risque d'un isolement total après les condamnations fusant de toute part y compris l'Union africaine (UA).
Ce nouvel instrument est axé autour de deux organes. Il s'agit d'une part d'un groupe de dialogue au niveau ministériel ayant pour mission de faciliter les négociations entre les parties prenantes en œuvrant pour un compromis sur les questions en suspens et d'autres part, un groupe de travail élargi qui aura pour rôle de faire l'évaluation technique du projet du programme de la transition présentée à la CEDEAO.
La coordination du groupe de dialogue composé du Ghana, de la Mauritanie, du Nigéria, du Sénégal, de la Sierra Leone et du Togo ainsi que de la CEDEAO et de l'UA sera assurée par Abdoulaye DIOP, le ministre en charge des Affaires étrangères.
Pour le groupe de travail élargi comprenant des représentants du gouvernement du Mali et des membres du comité local du suivi de la transition assistés d'experts et personnes ressources aura pour coordonnateur Abdoulaye MAÏGA, le ministère en charge de l'Administration du territoire en collaboration avec ses homologues ayant en charge la Refondation et celui délégué auprès du Premier ministre chargé des réformes politiques et institutionnelles.
Une réunion tenue le 31 janvier sous la présidence du ministre Abdoulaye MAÏGA a marqué le coup d'envoi de ces deux piliers du mécanisme mis en place.
Rappelons que l'étau de la communauté internationale (CEDEAO, UA, UE, …) sous la forme de multiples sanctions s'est resserré autour du Mali depuis le mois de janvier suite au non-respect du calendrier électoral de la junte et de son désir exprimé de proroger la transition sur les 5 années à venir.
Des sanctions qui pèsent particulièrement sur le pays au niveau financier au point où l'Etat malien a du mal à honorer ses engagements envers ses créanciers, ce qui a conduit l'agence de notation américaine Moody's à déclasser le pays (note Caa2), fermant quasiment la porte à toute possibilité d'emprunt.
Publié le 09/02/22 18:32
Narcisse Angan
SN
CEMAC