Le 12 février 2026, le ministre des Finances, Louis Paul Motazé, a reçu une mission du FMI conduite par Christine Dieterich, venue restituer les conclusions d'une revue macroéconomique entamée le 2 février.Les échanges, qui ont associé le ministère des Finances, le ministère de l'Économie, la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC), le Comité technique de suivi et des représentants du secteur privé à Douala et Yaoundé, nt convergé vers un même constat.
" Les déficits d'infrastructures freinent l'activité économique ". Routes, énergie et télécommunications ont été identifiés comme des goulets d'étranglement majeurs. Christine Dieterich a indiqué en début de mission que " les besoins en investissements sont considérables afin de libérer l'énorme potentiel du Cameroun ".
Les discussions ont également porté sur les mesures nécessaires pour accroître les investissements, notamment à travers la mise en œuvre de projets avec les différents partenaires, de manière plus efficace et plus rapide ", a indiqué la cheffe de mission. Elle a ajouté que " la capacité du gouvernement à mettre en œuvre les projets d'investissement de manière à atteindre les résultats escomptés " restait un facteur déterminant.
" Nous sommes convenus avec le gouvernement que la mobilisation des recettes est très importante pour les finances publiques et constitue une base essentielle pour financer des investissements solides ", a déclaré Christine Dieterich, rappelant que le Cameroun fait face à " certaines contraintes pour accroître son endettement sans compromettre la stabilité macroéconomique ". Elle a également souligné que " des infrastructures financées de manière soutenable " sont indispensables pour soutenir l'emploi et la réduction de la pauvreté.
Parmi les réformes évoquées figure celles en lien avec le secteur des télécommunications. " Les télécommunications constituent une source considérable de croissance dans de nombreux pays et, malheureusement, elles sont très fortement réglementées ici au Cameroun ", a-t-elle observé.
Un nouveau programme économique est vital
Ces discussions s'inscrivent dans la perspective d'un nouvel accord avec le FMI. En octobre 2025, à l'issue d'un Conseil de cabinet présidé par le Premier ministre Joseph Dion Nguté, les autorités avaient acté le principe de soumettre à l'arbitrage du président Paul Biya la conclusion d'un programme pour 2026-2029.
Selon Cameroon Tribune d'alors, le ministre des Finances Louis Paul Motazé avait plaidé pour la reconduction du partenariat avec le FMI afin de préserver les appuis budgétaires associés.
" Nous ne les aurions plus en cas de non-conclusion d'un nouveau programme avec le FMI. Cela signifie qu'il faudrait trouver d'autres ressources ", avait déclaré Louis Paul Motazé à l'issue du Conseil de cabinet en octobre 2025, cité par Cameroon Tribune.
L'enjeu dépasse le seul cadre national. Lors d'une session extraordinaire du Conseil des ministres de l'Union économique de l'Afrique centrale tenue le 19 janvier 2026, les autorités communautaires ont examiné une note sur les mesures de redressement macroéconomique. D'après ce document, la stabilisation des réserves extérieures de la CEMAC à un niveau jugé soutenable est étroitement liée à la poursuite des programmes avec le FMI.
Selon les constats partagés avec les ministres des Finances de la zone, les réserves de change ont reculé de 1 335,7 milliards de FCFA entre mars et novembre 2025, soit l'équivalent d'environ un mois d'importations de biens et services.
Les services de la BEAC attribuent cette évolution à la faiblesse du rapatriement des recettes d'exportation, à l'alourdissement du service de la dette extérieure, aux paiements de dividendes et aux importations de produits stratégiques, dans un contexte marqué par la baisse des cours du pétrole et la dépréciation de l'euro face au dollar.
Les estimations internes de la banque centrale indiquent que, sans les appuis du FMI, les réserves pourraient s'éroder davantage à l'horizon 2029. Les financements du Fonds représenteraient près de 40 % du stock total des réserves de change de la zone, selon les services communautaires.
Perton Biyiha
Publié le 13/02/26 15:21
La Rédaction
SN
CEMAC