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CEMAC : Le coût du crédit bancaire grimpe au 2e trimestre 2025, avec un record au Gabon

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Le crédit devient plus cher en Afrique centrale. D'après le rapport sur la politique monétaire rendu public fin septembre par la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC), les banques commerciales de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cemac) ont appliqué des conditions nettement plus strictes entre le premier et le deuxième trimestre 2025.

Selon ce document, le taux effectif global (TEG) moyen, qui mesure le coût total d'un emprunt en incluant les intérêts et les frais annexes, "est passé de 10,21 % au premier trimestre à 11,80 % au second trimestre 2025". En parallèle, le taux nominal moyen, qui ne prend en compte que les intérêts sans les commissions, a progressé de 6,40 % à 6,81 %. Autrement dit, non seulement les taux d'intérêt bruts augmentent, mais les frais additionnels facturés aux emprunteurs pèsent de plus en plus lourd.

La BEAC note que "les conditions les plus élevées ont été pratiquées sur le segment des petites et moyennes entreprises". Le TEG pour cette catégorie atteint 23,34 % au deuxième trimestre 2025, soit plus du double de la moyenne régionale, alors qu'il était de 11,41 % seulement trois mois plus tôt. Les particuliers arrivent en deuxième position, avec un TEG de 15,39 % contre 14,93 % au premier trimestre.

Voir aussi- Gabon : Un marché du crédit dominé par l'État, au détriment du secteur privé

À l'inverse, les grandes entreprises continuent de bénéficier de conditions préférentielles : leur TEG recule légèrement, de 9,31 % à 8,77 %. Cette disparité traduit la perception accrue du risque sur les PME et les ménages par le système bancaire. Pour les grandes firmes, souvent jugées plus solvables et disposant de garanties solides, l'accès au crédit reste relativement avantageux.

L'analyse des écarts entre les taux nominaux et les TEG appelés spreads met en évidence la montée des commissions et autres frais liés aux emprunts. La BEAC indique que " ce spread s'établit globalement à 2,71 % au deuxième trimestre 2025, contre 1,61 % au trimestre précédent".

Dans le détail, les grandes entreprises demeurent les mieux loties, avec un spread limité à 1,76 %, tandis que les particuliers subissent un écart de 6,20 %, preuve d'une forte ponction de frais non directement liés aux intérêts.

Le rapport souligne également une hétérogénéité nationale. Le Gabon affiche le coût du crédit le plus élevé de toute la zone, avec un TEG moyen de 24,81 %. Il est suivi de la Guinée équatoriale (15,59 %), deux niveaux largement supérieurs à la moyenne régionale de 11,80 %.

À l'autre extrême, le Tchad (7,22 %) et le Cameroun (7,92 %) appliquent les taux les plus faibles de la Cemac. Ces pays restent donc en dessous de la moyenne communautaire, mais au prix d'une rentabilité plus faible pour leurs établissements bancaires.

Ces évolutions constituent un marqueur important pour les acteurs économiques et financiers internationaux. L'augmentation du coût du crédit traduit un durcissement général des conditions de financement dans une région où le secteur privé peine déjà à accéder aux ressources bancaires. Pour les investisseurs étrangers, l'écart entre pays traduit aussi des différences de perception du risque et de solidité des systèmes bancaires nationaux.

Perton Biyiha

Publié le 03/10/25 15:41

La Rédaction

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