On se rapproche de la fin du calvaire pour les usagers des Banques et établissements financiers. La situation était très compliquée pour eux, d'autant plus qu'elle a coïncidé avec la fin du mois. Un arrêt pendant quatre jours, causé par la vague de manifestations violentes qui ont suivi la condamnation de l'opposant Ousmane Sonko à deux ans de prison.
La reprise a été entamée le mercredi à un rythme progressif. Cependant les agences restaient fermées pour les zones névralgiques. La SGBS et la CBAO par exemple ont annoncé l'ouverture de toutes les agences à l'exception de celles de la banlieue, notamment Cambérène, Pikine, Guédiawaye et Grand Yoff.
Les banques ont payé un lourd tribut, selon l'Association des professionnels de Banques et des établissements financiers au Sénégal (APBEFS). Elle dénombre 17 agences saccagées. A Rufisque le coffre-fort d'une banque contenant 77 millions a été sauvé de justesse grâce à l'intervention de la Police nationale.
De longues queues devant les agences
C'est comme s'ils s'étaient passé le mot. Ce jeudi à 8 heures 5 minutes, plusieurs dizaines de personnes se sont regroupées devant l'agence de la Banque islamique du Sénégal de Poste Thiaroye (en banlieue). Le préposé à la sécurité distribue difficilement des tickets, sous un brouhaha.
Pour avoir le numéro 6, Babacar Faye a dû rejoindre l'agence assez tôt. N'ayant pas de carte Gab valide, la seule option qui s'offre à lui, est de faire son opération en caisse. " Certaines agences sont fermées depuis jeudi matin. Donc nous sommes restés 5 jours à attendre. En fin du mois compliqué, d'autant plus que nous sommes à quelques semaines de l'Eid El Kebir ", indique Babacar.
Devant l'agence Bank of Africa, l'ambiance reste la même. Des usagers de banque désirant effectuer des opérations longent la chaussée. Certains sont assis sur les rares sièges disponibles, d'autres font le pied de grue. La fermeture des agences pour se prémunir des saccages a impacté les clients selon Moustapha Ndoye. En chemise bleue, le bonhomme de grande taille est muni d'un cartable.
Les besoins les plus urgents ont dû attendre selon lui. " On ne peut rien reprocher aux banques. Devant la violence des manifestations, ils n'avaient pas le choix sinon fermer. Malheureusement nous avons été impactés. Nous sommes obligés de faire la queue pendant des heures pour entrer dans nos fonds ", regrette Moustapha.
L'activité a également repris dans le secteur de la distribution de carburant. Au total 44 stations-services ont été saccagés, dont 27 appartenant à TOTAL, selon le Syndicat national des travailleurs du pétrole et du gaz (SNTPG/FC).
Publié le 08/06/23 12:24
Mouhamadou Dieng
SN
CEMAC