Le fonds émirati SGC Investment Group LLC en mission de prospection depuis le 6 janvier 2025 promet 79,5 milliards de dollars d'investissements au Cameroun, soit près de 44 500 milliards de FCFA, à mobiliser sur une période de dix ans afin de soutenir des projets structurants.
Face à la presse à Yaoundé, le 5 janvier 2026, le Pr Kelly Mua Kinsley, vice-président Afrique de SGC Investment Group, a mis en avant l'attractivité du modèle proposé par ce fonds pour les économies africaines. Selon lui, " c'est de la finance islamique. Une structure de financement qui est vraiment adaptée à nos besoins et très compétitive dans la mesure où, il n'y a pas de taux d'intérêt". Le responsable, également président du conseil d'administration de l'ATIDI et haut cadre du ministère camerounais des Finances, a insisté sur la flexibilité de ces instruments dans un contexte marqué par de fortes contraintes budgétaires.
L'ampleur des montants annoncés a naturellement suscité des interrogations. Le Pr Kelly Mua Kinsley a tenu à replacer ces chiffres dans une trajectoire de long terme. " La capacité de financer n'est pas un problème, c'est pas du jour au lendemain… ce n'est pas des ressources qu'on va mobiliser en un jour pour financer les projets en un an, mais c'est un plan qui va être dévoilé et exécuté au fur et à mesure pour les 10 prochaines années et dans divers secteurs ", a-t-il expliqué. Il a précisé que le groupe travaille depuis plus d'un an avec les autorités camerounaises sur une liste de projets jugés prioritaires et suffisamment matures pour attirer des financements internationaux.
Critère de sélection des projets
La sélection des projets, assure-t-il, repose sur des critères stricts. " Le choix des projets n'est pas décidé au hasard. C'est un fruit de la maturation des projets… ils ont tablés uniquement sur des projets bancables ", a-t-il déclaré. Il a ajouté que SGC Investment Group entend désormais élargir son champ d'action au-delà des seuls projets souverains afin de collaborer avec des entreprises publiques et privées locales. Cette orientation explique l'organisation d'un roadshow à Yaoundé ce 07 janvier 2025, conçu pour permettre des échanges directs avec les grands acteurs du secteur privé.
La mission conduite par Imran Saeed, CEO de SGC Investment Group, a multiplié les rencontres de haut niveau. Après une audience avec le Premier ministre Joseph Dion Ngute, la délégation a tenu, le 6 janvier 2026, une séance de travail avec le ministre de l'Économie, Alamine Ousmane Mey. Ce dernier a plaidé pour un soutien accru au secteur privé camerounais et a encouragé le fonds émirati à engager des discussions avec les banques commerciales. L'objectif est de faciliter l'ouverture de lignes de crédit dédiées aux entreprises.
Au-delà des annonces financières, la mission s'inscrit dans une approche structurée autour de quatre axes majeurs. Il s'agit de la mobilisation de capitaux privés et institutionnels internationaux, du financement d'infrastructures clés telles que le transport, l'énergie, l'eau, la santé, l'éducation, l'agro-industrie, le numérique et l'habitat, de la structuration des projets selon les standards internationaux en matière de bancabilité, de gestion des risques et de critères ESG, ainsi que de la promotion d'une gouvernance et d'une transparence alignées sur les meilleures pratiques mondiales.
Basé aux Émirats arabes unis, SGC Investment LLC se positionne comme un acteur global du financement du commerce, des infrastructures et des projets innovants. Dans le détail, le fonds intervient à travers une palette étendue de solutions financières et d'investissement. Le groupe facilite notamment l'émission et la monétisation d'instruments financiers tels que les Stand-by Letters of Credit (SBLC), Letters of Credit (LC) et Bank Guarantees (BG) émis par des banques permettant aux entreprises de sécuriser des financements pouvant atteindre un milliard de dollars.
Sur le volet investissement, SGC et ses partenaires de consortium interviennent en fonds propres ou en co-investissement aux côtés de fonds de private equity, de family offices ou de holdings, dans des secteurs allant du pétrole et gaz aux infrastructures, en passant par les mines, la banque, l'intelligence artificielle et l'immobilier.
D'autres instruments incluent des financements directs dans les infrastructures publiques via des investissements directs étrangers, des prêts souverains sans intérêt et des montages en joint-venture avec les États. Les projets ciblés couvrent notamment les routes, les ponts, les aéroports, les ports, le logement, l'agriculture, les réseaux électriques intelligents et les systèmes de crédits carbone.
Perton Biyiha
Perton Biyiha
La Rédaction
Publié le 07/01/26 10:38