Selon des informations rapportées par Reuters cette semaine, les présidents de la République démocratique du Congo et du Rwanda doivent se rendre à Washington dans les prochains jours pour ratifier un accord de paix et rencontrer le président américain Donald Trump. D'après deux sources diplomatiques citées vendredi, ainsi que Tina Salama, porte-parole du président congolais Félix Tshisekedi, la rencontre est programmée pour le 4 décembre à la Maison Blanche.
La présidence rwandaise et la Maison Blanche n'ont pas répondu dans l'immédiat aux demandes de commentaires, mais un responsable américain avait indiqué à Reuters la semaine dernière que l'administration Trump continuait de travailler avec les deux capitales et se tenait prête à les recevoir dès que les conditions seraient réunies.
Cette réunion doit permettre d'acter politiquement un accord de paix déjà facilité par les États-Unis en juin dernier et signé à l'époque par les ministres des Affaires étrangères des deux pays. Elle doit aussi entériner un cadre d'intégration économique régionale conclu au début du mois, selon Tina Salama, qui précise que le chef de l'État congolais insiste sur la nécessité de respecter la souveraineté nationale comme préalable à toute intégration.
L'enjeu diplomatique se superpose à un contexte sécuritaire extrêmement instable. Le mouvement M23, appuyé par le Rwanda selon Kinshasa, a mené cette année une progression rapide dans l'est de la RDC, prenant le contrôle des deux principales villes de la région. Les violences ont fait des milliers de morts et déplacé plusieurs centaines de milliers de personnes, indiquent les sources consultées par Reuters.
Malgré les engagements pris en septembre pour mettre en œuvre d'ici la fin de l'année les mesures de sécurité prévues dans l'accord de juin — notamment la neutralisation des FDLR, un groupe armé basé en RDC, et le retrait des troupes rwandaises — aucun progrès notable n'a été observé sur le terrain. Kigali continue de nier tout soutien au M23, mais un rapport d'experts des Nations unies publié en juillet affirme que le Rwanda exerce un commandement direct sur la rébellion.
En parallèle, le Qatar a accueilli des discussions entre Kinshasa et le M23, qui ont débouché ce mois-ci sur un cadre de négociation en vue d'un accord de paix plus complet, même si de nombreux paramètres restent à définir. Reuters signale également que Tshisekedi a confirmé son déplacement à Washington lors d'un échange avec des membres de la diaspora congolaise en Serbie, tout en réaffirmant que le retrait des forces rwandaises de l'est du Congo demeurait, selon lui, une condition incontournable pour bâtir une véritable intégration économique régionale.
L'administration Trump met en avant, de son côté, la perspective d'attirer des investissements occidentaux de plusieurs milliards de dollars dans une région riche en tantale, or, cobalt, cuivre, lithium et autres minerais stratégiques, souligne encore Reuters.
Perton Biyiha
La Rédaction
Publié le 29/11/25 14:24