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Bénin : Un projet de 20,76 millions USD pour la restauration des terres agricoles dégradées

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Face à l'appauvrissement progressif de ses sols agricoles, le Bénin engage une nouvelle offensive pour renforcer la résilience de son système alimentaire. Ainsi, les autorités du pays ont lancé le projet ‘'Systèmes alimentaires durables pour une plus grande résilience et une sécurité alimentaire et nutritionnelle au Bénin'', également appelé ‘'Food Systems'', une initiative d'un coût global de 20,76 millions de dollars, soit 11,62 milliards FCFA, destinée à restaurer les terres dégradées et à améliorer durablement la productivité agricole.

La cérémonie officielle de lancement s'est tenue le 24 juillet dernier à Cotonou, la capitale, en présence du ministre béninois de l'Agriculture, de l'Élevage et de la Pêche, Adin Yeton Bloukounon Goubalan. Soutenu par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et le Fonds pour l'Environnement Mondial (FEM), ce projet ambitionne d'apporter une réponse structurelle à l'une des principales contraintes qui fragilisent l'agriculture béninoise : la dégradation des sols. Dans le détail du financement, 5,96 millions de dollars seront apportés par le FEM et 14,8 millions de dollars de co-financement béninois.

En réalité, l'appauvrissement des terres agricoles constitue désormais un défi majeur pour les producteurs béninois. Selon les données présentées lors du lancement du projet, une enquête réalisée en 2019 révèle que plus de 5 millions de personnes, soit environ 40% de la population nationale, sont exposées aux conséquences de la dégradation des terres. Près de 38% de la superficie totale du pays sont classés comme dégradés.

Cette situation entraîne une baisse importante des rendements agricoles et accentue la vulnérabilité économique des exploitants. Le ministre de l'Agriculture a notamment souligné qu'un sol pauvre conduit mécaniquement à une agriculture moins productive, alimentant ainsi un cercle vicieux de précarité pour les producteurs. Selon les autorités béninoises, la dégradation des sols entraîne une réduction d'au moins 50% des rendements agricoles, compromettant la sécurité alimentaire et limitant les revenus des ménages ruraux.

Ainsi, la restauration des terres représente un enjeu crucial pour le Bénin, où l'agriculture demeure un moteur essentiel de l'économie nationale. Le secteur contribue en moyenne à 26% du Produit intérieur brut (PIB), génère près de 80% des recettes d'exportation et représente environ 70 % des emplois. Les filières riz et maïs, ciblées par le projet Food Systems, occupent une place centrale dans l'alimentation des populations béninoises, aussi bien en milieu rural qu'urbain. L'objectif est donc de transformer ces chaînes de valeur afin de passer d'un modèle marqué par une faible productivité et de fortes pressions environnementales vers des systèmes alimentaires plus durables, performants et résilients.

36 000 producteurs directement ciblés

Prévu pour s'achever en 2030, le projet Food Systems prévoit des interventions ambitieuses sur le terrain. Il permettra notamment de restaurer 20 000 hectares de terres dégradées ; de placer 114 900 hectares sous des pratiques agricoles durables ; d'accompagner 36 000 bénéficiaires directs ; et de toucher environ 356 000 bénéficiaires finaux. Les actions seront déployées dans plusieurs communes prioritaires, notamment Karimama, Malanville, Glazoué, Kétou et les Aguégués, des zones particulièrement concernées par les enjeux de productivité agricole et de gestion durable des ressources naturelles.

Avec ce projet, le Bénin entend s'attaquer à l'une des causes profondes de la fragilité de son agriculture : la perte progressive de fertilité des sols. Au-delà de la restauration environnementale, l'ambition est de renforcer la sécurité alimentaire, d'améliorer les revenus des producteurs et de bâtir des chaînes de valeur agricoles capables de répondre durablement aux besoins économiques et nutritionnels du pays. Le programme Food Systems apparaît ainsi comme un levier stratégique pour concilier productivité agricole, préservation des ressources naturelles et résilience climatique, trois conditions essentielles pour accélérer la transformation du secteur agricole béninois.

Publié le 01/08/26 18:05

Narcisse Angan

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