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Burkina Faso - Ghana : 7 accords pour sécuriser le corridor stratégique Tema–Ouagadougou

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Après six années d'interruption, la grande commission mixte de coopération entre le Burkina Faso et la Ghana a été réactivée, avec un objectif visant stabiliser l'un des corridors commerciaux les plus sensibles d'Afrique de l'Ouest et donner un contenu opérationnel à la relation bilatérale. A l'issue de la 13e session, sept instruments juridiques, en l'occurrence des accords, un accord-cadre et des protocoles, ont été signés le 20 février dernier à Ouagadougou, la capitale du Faso.

Dans le détail ces accords signés couvrent un spectre large mais cohérent : Transport et transit routier, pour harmoniser les réglementations et fluidifier le commerce ; Reconnaissance mutuelle des permis de conduire, mesure concrète destinée à accélérer le trafic sur l'axe commercial ; Prévention et gestion des catastrophes et crises humanitaires, notamment face aux inondations récurrentes liées aux déversements du barrage de Bagré ; Lutte contre le trafic de stupéfiants et de substances psychotropes, avec l'ambition affichée de faire des deux pays une zone commune ‘'sans drogue''. À cela s'ajoutent : un accord-cadre de coopération transfrontalière ; un protocole de création d'une commission mixte de réaffirmation de la frontière commune, pour prévenir les tensions liées à la souveraineté ; et un mécanisme de concertation périodique entre autorités administratives frontalières.

Si elles sont appliquées efficacement, ces sept conventions pourraient accroître la fluidité des échanges commerciaux, réduire les coûts logistiques, renforcer la sécurité des frontières et améliorer la gestion des crises humanitaires.

Le corridor Tema–Ouagadougou constitue en effet, la principale porte d'entrée maritime du Burkina Faso, pays enclavé, via le port ghanéen de Tema. Il représente un axe logistique stratégique pour l'approvisionnement en biens essentiels, les exportations minières et agricoles, et les flux commerciaux régionaux. Or, ces dernières années, l'insécurité croissante au Sahel, la criminalité transfrontalière et les chocs climatiques ont fragilisé cette artère économique. L'attaque du 14 février à Titao, qui aurait coûté la vie à plusieurs civils dont des commerçants ghanéens, a rappelé la porosité des frontières et la vulnérabilité des échanges.

Dans ce contexte, les deux gouvernements ont conjointement condamné les attaques terroristes dans la sous-région et décidé d'élaborer un nouveau cadre de sécurité commun pour lutter contre l'extrémisme violent le long de leur frontière. L'approche adoptée par Ouagadougou et Accra repose sur un constat simple : sans sécurité, pas de commerce ; sans commerce, pas de stabilité durable.

Les analystes régionaux voient dans cette relance de la commission mixte une tentative pragmatique de consolider une intégration fonctionnelle. Le corridor Tema–Ouagadougou est vital pour le Burkina Faso, mais aussi stratégique pour le Ghana, qui y trouve un débouché logistique et un levier d'influence économique dans l'hinterland sahélien. Dans une région marquée par l'instabilité sécuritaire et les contraintes budgétaires, la crédibilité de ces engagements reposera sur leur traduction opérationnelle : coordination des forces de sécurité, simplification des procédures douanières, mécanismes d'alerte rapide face aux catastrophes. La 14e commission mixte est déjà prévue en 2028, en territoire ghanéen.

Publié le 28/02/26 13:15

Narcisse Angan

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