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UMOA-Titres : Contre toute attente, le Mali réussit sa sortie sur le marché des titres publics, après les attaques djihadistes

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Le Mali revient de loin. En effet, contre toute attente, Bamako a réussi à mobiliser 55 milliards FCFA sur le marché régional des titres publics de l'UMOA, démontrant une résilience financière remarquable dans un contexte marqué par de récentes attaques djihadistes. Cette opération, réalisée ce 29 avril, intervient quelques jours seulement après des offensives coordonnées du JNIM, Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans, et aux rebelles touaregs du FLA, Front de libération de l'Azawad, contre plusieurs localités du pays. Un climat d'insécurité qui aurait pu refroidir les investisseurs, mais qui n'a manifestement pas entamé leur appétit pour la dette souveraine malienne.

L'émission, initialement fixée à 50 milliards FCFA, a suscité un intérêt soutenu, avec des soumissions atteignant 86,96 milliards FCFA, soit un taux de couverture de 173,94%, révélateur de la confiance des investisseurs régionaux. Face à cette demande élevée, le Trésor malien a toutefois opté pour une stratégie prudente, en ne retenant que 55 milliards FCFA, correspondant à un taux d'absorption de 63,24%. Un choix qui traduit une volonté de maîtriser le coût de l'endettement tout en optimisant les conditions de financement.

Dans le détail, l'opération s'est appuyée sur une combinaison de Bons et Obligations assimilables du Trésor (BAT/OAT), couvrant plusieurs maturités. Ainsi, le BAT à 364 jours a mobilisé 13,64 milliards FCFA, avec un Rendement moyen pondéré (RMP) de 5,12%, tandis que les obligations à moyen et long terme ont concentré l'essentiel des montants levés. Les OAT à 3 ans ont ainsi enregistré 29,57 milliards FCFA à un RMP de 7,9%, suivies par celles à 5 ans avec 10,68 milliards FCFA à 7,29%. Plus marginale, l'OAT à 7 ans a tout de même permis de lever 1,1 milliard FCFA à un taux de 7,52%, signe d'un certain appétit pour les maturités longues malgré le contexte incertain.

Fait notable, cette levée de fonds a mobilisé plusieurs pays membres de l'Union. Si le Mali reste le principal contributeur avec 43,1 milliards FCFA, d'autres États ont participé à l'opération, notamment le Burkina Faso (4,04 milliards), la Guinée-Bissau (4 milliards), la Côte d'Ivoire (3,52 milliards) et le Sénégal (0,2 milliard). Cette diversification des souscripteurs illustre la solidité du marché financier régional et la capacité de l'UMOA à canaliser l'épargne intra-africaine, même en période de tension.

Au-delà des chiffres, cette opération constitue un signal important pour les investisseurs. Elle témoigne de la capacité du Mali à accéder aux marchés financiers régionaux malgré un environnement sécuritaire dégradé, et confirme la résilience du système financier ouest-africain.

Publié le 02/05/26 08:55

Narcisse Angan

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