menu mobile

L’information économique au cœur des marchés africains

Burkina : Le prix bord champ de la noix de cajou maintenu à 385 FCFA/Kg pour soutenir la transformation locale

BRVMC0000000 - BRVMC
La BRVM Ferme dans 3h13min

Le Burkina Faso a officiellement donné le coup d'envoi de sa campagne fruitière 2026, avec un signal fort à destination des producteurs et des industriels. Contrairement à ses voisins, le pays a choisi de maintenir le prix minimum bord champ de l'anacarde à 385 FCFA le kilogramme, un niveau inchangé par rapport à 2025, dans un contexte international pourtant marqué par des incertitudes sur la demande.

L'annonce a été faite le 21 février dernier à l'occasion des cérémonies officielles de lancement des campagnes fruitières à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso, en présence du ministre d'État, ministre de l'Agriculture, de l'Eau et des Ressources animales et halieutiques, Ismaël Sombié. Le prix burkinabè reste inférieur à ceux pratiqués en Côte d'Ivoire (400 FCFA/kg) et au Ghana (12 cédis environ 600 FCFA/kg). Il tranche également avec la stratégie de ces deux pays, qui ont choisi d'abaisser leurs prix bord champ, respectivement de 6% et 20%, afin de s'adapter au ralentissement anticipé du marché mondial en 2026.

À Ouagadougou, les autorités assument une approche différente. Selon le ministre Sombié, le maintien du prix vise avant tout à sécuriser l'accès à la matière première pour les unités locales de transformation, dans la continuité des mesures engagées depuis 2025 pour relancer l'industrialisation de la filière anacarde. Autre levier clé de la campagne 2026, l'instauration d'une période exclusive d'achat, du 21 février au 1er avril, réservée aux unités nationales de transformation et à la SONAGESS, Société publique de gestion des stocks de sécurité alimentaire.

Durant cette fenêtre stratégique, les exportations de noix de cajou brutes sont suspendues, afin de privilégier l'approvisionnement du marché local, conformément aux orientations arrêtées par le Conseil burkinabè des filières agropastorales et halieutiques. Cette mesure s'inscrit dans une logique régionale déjà éprouvée. La Côte d'Ivoire, premier producteur et transformateur africain, applique un mécanisme similaire pour donner la priorité à ses industriels avant l'ouverture aux exportateurs.

Malgré ces efforts, les défis demeurent. Les estimations du cabinet indépendant N'kalô indiquent que la transformation des anacardes au Burkina Faso aurait reculé de 33% en 2025, à environ 10 000 tonnes. Un signal préoccupant pour une filière appelée à jouer un rôle central dans la création de valeur et d'emplois. Selon les données de la FAO, la production nationale de noix de cajou s'est néanmoins maintenue à un niveau significatif, avec une moyenne annuelle proche de 115 000 tonnes entre 2020 et 2024, et un pic de 147 616 tonnes en 2024. Reste à savoir si la nouvelle architecture de la campagne 2026 suffira à inverser la tendance sur le segment de la transformation.

Au-delà de l'anacarde, la campagne fruitière 2026 fixe également le prix plancher de la mangue à 95FCFA le kilogramme, confirmant la volonté des autorités de structurer l'ensemble des filières fruitières. Dans cette dynamique, le ministère de l'Agriculture a procédé à la remise d'équipements d'une valeur supérieure à 1 milliard FCFA à 16 unités de transformation, afin de renforcer les capacités industrielles locales.

Publié le 24/02/26 09:39

Narcisse Angan

SOYEZ LE PREMIER A REAGIR A CET ARTICLE

Pour poster un commentaire, merci de vous identifier.

vDev_ck9w01xXPbMn_BQ-K69eC-DoCcHyxmGGS0l8xo False