Le Cameroun a triplé ses recettes fiscales entre 2010 et 2023 passant de 1,4 milliards USD à 4,3 milliards USD, selon les données du gouvernement. Une performance louable mais qui reste confronté à un important défi, celui de la diversification des contributeurs.
Dans un rapport sur le Cameroun intitulé “Collecter davantage, Dépenser Mieux pour atteindre les objectifs de la Vision 2035”, la Banque mondiale rapporte que la pression fiscale n'est réellement exercée que sur un petit groupe de contribuables. L'institution rapporte qu'entre 2016 et 2021, 73 % du total des recettes fiscales du secteur non pétrolier a été collecté auprès des grandes entreprises, soit 0,5 % du total des créateurs de richesse.
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“Les gros contribuables jouent notamment un rôle central dans les recettes fiscales du Cameroun”, pointe l'institution qui préconise un élargissement de la base des contributeurs pour améliorer les recettes du pays. Dans son Document de programmation économique et budgétaire (DPEB) 2025-2027, le gouvernement camerounais a annoncé qu'il comptait mettre en place davantage de mesures pour intégrer l'économie informel dans le système fiscal. Selon les données officielles, le secteur informel représente environ 30% du PIB national, pour une contribution fiscale inférieure à 5%.
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Yaoundé compte également resserrer l'étau sur les particuliers dont la participation aux recettes est jugée faible. “”Ils (les particuliers) ne représentent que 7% des recettes fiscales intérieures, contre 17% dans les pays de niveau de développement comparable (moyenne de 30 pays africains) et 24% dans les pays de l'OCDE. Cette situation contraste avec le fait que les ménages sont des agents à capacité de financement”, peut-on lire dans le DPEB.
Ainsi, le gouvernement a procédé à la mise en œuvre effective de la déclaration annuelle récapitulative des contribuables non professionnels, prévue par la loi de finances 2021. Devant les députés, Louis Paul Motaze, le ministre des Finances a indiqué qu'il optimiserait en 2025 le recouvrement de cet impôt en ciblant prioritairement la catégorie de traitements et salaires.
Cédrick JIONGO
Publié le 12/08/24 17:56
La Rédaction
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CEMAC