Dix ans après les premières annonces du projet de Bus Rapid Transit (BRT) de Douala, les premiers travaux se profilent enfin à l'horizon. Par une décision signée le 14 juillet 2026, le maire de la Ville de Douala a attribué à l'entreprise chinoise China First Highway Engineering Co. (CFHEC) le marché des travaux d'aménagement des voies urbaines de rabattement du corridor BRT sur un linéaire de 12,594 kilomètres.
Selon cette décision d'attribution, consultée par notre rédaction, le contrat est conclu pour un montant de 15,5 milliards de FCFA hors taxes, soit 18,6 milliards de FCFA toutes taxes comprises, avec un délai d'exécution de 18 mois.
Un premier lot d'un programme de près de 67 kilomètres
Le marché attribué à CFHEC ne couvre qu'une partie du programme global. Les documents de l'appel d'offres international précisent que les travaux seront réalisés en trois lots, représentant au total 66,796 kilomètres de voies de rabattement destinées à alimenter les futurs couloirs du BRT.
Les prestations prévues vont bien au-delà de la simple réhabilitation des voiries. Selon le dossier d'appel d'offres, elles comprennent notamment " les terrassements généraux et la construction d'une chaussée avec des bandes d'arrêt suivant le plan d'aménagement, la construction des trottoirs, la pose des bordures, la construction des caniveaux, des plateformes bétonnées destinées aux bacs à ordures, des bancs publics, des abris-bus, la mise en place d'un réseau d'éclairage public fonctionnant à l'énergie solaire, l'installation de feux tricolores, la réalisation de la signalisation horizontale et verticale, la plantation d'arbustes ainsi que l'ensemble des mesures visant à limiter les impacts environnementaux et sociaux ".
Ce premier contrat s'inscrit dans le cadre du Projet de Mobilité Urbaine de Douala (PMUD), dont le Bus Rapid Transit constitue la principale composante. L'ensemble du programme est évalué à 335,3 milliards de FCFA. Selon les données du projet, 261 milliards de FCFA seront financés par la Banque mondiale. Un partenariat public-privé devrait mobiliser 62,1 milliards de FCFA, tandis que la Ville de Douala apportera environ 12,4 milliards de FCFA.
Les autorités prévoient également de recourir à un partenariat public-privé pour financer une partie de l'acquisition des futurs autobus qui circuleront sur le réseau. Cette composante est estimée à 100 millions de dollars, soit environ 57,7 milliards de FCFA. Les études de faisabilité et de rentabilité sont toutefois encore en cours, avant leur examen par le Conseil d'appui à la réalisation des contrats de partenariat (CARPA).
À terme, le réseau de BRT comprendra quatre lignes, 28 kilomètres de couloirs réservés, 48 stations et cinq gares multimodales, qui seront implantées notamment aux Anciennes Douanes, à Ndokoti, PK14, Nelson Mandela et Yassa.
L'idée de doter Douala d'un Bus Rapid Transit remonte à 2015, lorsque le gouvernement camerounais avait annoncé, en partenariat avec le constructeur brésilien Marcopolo, un programme visant à équiper Douala et Yaoundé d'un système de transport rapide par bus. Malgré ces annonces, le projet est resté au stade des études pendant près d'une décennie. L'attribution de ce premier marché marque ainsi le véritable démarrage de sa phase opérationnelle.
Publié le 23/07/26 00:42
La Rédaction
SN
CEMAC