menu mobile
L’information économique au cœur des marchés africains

Cameroun : 967 milliards FCFA réinvestis en 20 ans grâce au mécanisme de conversion de dette avec la France

BRVMC0000000 - BRVMC
La BRVM Ouvre dans 32h23min

Vingt ans après son lancement, le Contrat de désendettement et de développement (C2D) demeure l'un des principaux canaux de financement extérieur du développement au Cameroun. Réunis le 9 juin 2026 à Yaoundé à l'occasion de la 17e session du Comité d'orientation et de suivi du dispositif, le gouvernement camerounais et ses partenaires français ont dressé le bilan de deux décennies d'un mécanisme qui transforme les remboursements de dette en investissements publics.

Selon les données présentées à la veille de cette session, trois contrats-cadres successifs ont permis d'engager 967 milliards de FCFA en faveur de projets de développement. Sur cette enveloppe, 871 milliards de FCFA ont déjà été mobilisés à travers 54 conventions de financement.

Mis en place en 2006 dans le prolongement de l'Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE), le C2D repose sur un principe particulier. Contrairement à la plupart des créanciers ayant procédé à l'annulation de la dette camerounaise, la France, en accord avec le Cameroun, a instauré un mécanisme de conversion de dette. Concrètement, les montants dus continuent d'être remboursés par le Cameroun, mais sont ensuite rétrocédés sous forme de financements destinés à des programmes de développement mis en œuvre sur le territoire national.

Le troisième contrat-cadre, signé le 30 juin 2016 à Yaoundé pour un montant de 401 milliards de FCFA, soit plus de 600 millions d'euros, constitue à lui seul l'enveloppe la plus importante du dispositif.

Infrastructures, agriculture et services sociaux concentrent l'essentiel des financements

Les informations rendues publiques dans le cadre de cette session montrent que les ressources du C2D ont été réparties entre 22 programmes regroupés en six grands domaines d'intervention.Les infrastructures et le développement des territoires arrivent en tête, avec plus de 339 milliards de FCFA engagés dans six programmes. L'agriculture et le développement rural suivent avec près de 222 milliards de FCFA répartis sur sept programmes. Les appuis budgétaires sectoriels représentent, quant à eux, 128 milliards de FCFA.

Cette priorité accordée aux infrastructures se traduit par plusieurs réalisations concrètes. Selon les documents examinés par le comité, le programme routier financé par le C2D a permis la construction de 125 ouvrages d'art ainsi que l'aménagement de 170 kilomètres de pistes rurales.

Dans les centres urbains, les financements ont soutenu des opérations d'aménagement à Douala et Yaoundé avant d'être étendus à Bafoussam, Bertoua, Garoua, Bamenda et Maroua. Ces interventions ont notamment contribué à l'amélioration des voiries, des équipements collectifs et des services urbains dans plusieurs villes du pays.

Parmi les réalisations les plus emblématiques figure le deuxième pont sur le Wouri. Mis en service en 2018 pour un coût de 33 milliards de FCFA, l'ouvrage contribue à fluidifier le trafic vers le port de Douala, principale porte d'entrée maritime de l'économie camerounaise.

Le portefeuille du C2D comprend également des projets encore en cours d'exécution. Le projet " Yaoundé Cœur de Ville ", qui mobilise environ 44 milliards de FCFA, doit s'achever en 2028. Le programme " C2D-Urbain Capitales régionales ", doté d'environ 111,5 milliards de FCFA, demeure pour sa part le plus important projet encore actif du portefeuille et devrait arriver à son terme en 2027.

Des investissements importants dans la santé, l'éducation et la formation

Au-delà des infrastructures, les secteurs sociaux occupent une place significative dans l'utilisation des ressources du C2D. Plus de 114 milliards de FCFA ont ainsi été consacrés à la santé et à l'éducation.Dans le domaine de la santé, les financements ont servi à l'acquisition d'équipements médicaux, au soutien des réseaux confessionnels de santé ainsi qu'à la distribution de plus de 350 000 chèques santé destinés aux femmes enceintes.

Dans l'éducation, le dispositif a permis la contractualisation de plus de 37 000 instituteurs dans les zones confrontées à un déficit d'enseignants. Plus de 1 200 salles de classe ont également été construites, tandis que des équipements pédagogiques ont été distribués dans plusieurs régions du pays.

L'agriculture, qui demeure l'un des principaux pourvoyeurs d'emplois au Cameroun, a elle aussi bénéficié d'une part importante des financements. D'après les données présentées au comité, le programme ACEFA a accompagné plus de 315 000 exploitations familiales agropastorales et financé des milliers d'investissements productifs.

Dans les régions septentrionales, les programmes ESA2 et ASGIRAP ont soutenu des actions de restauration des sols, de lutte contre la désertification et de reboisement, avec la plantation de plusieurs millions d'arbres.

La formation professionnelle constitue un autre volet important du dispositif. Ce secteur a absorbé près de 76 milliards de FCFA. Trois Centres de formation aux métiers ont été construits à Bandjoun, Bertoua et Maroua. Le programme AFOP a, pour sa part, permis de former plus de 21 000 jeunes dans les secteurs de l'agriculture, de l'élevage et de la pêche. Parmi eux, environ 5 000 ont bénéficié d'un accompagnement vers l'insertion professionnelle.

 

Perton Biyiha

Publié le 10/06/26 09:29

La Rédaction

SOYEZ LE PREMIER A REAGIR A CET ARTICLE

Pour poster un commentaire, merci de vous identifier.

xEXJrnQelnrFtNtaqcGVad13GqANEonDr1dVdXSJCeg False