À Yaoundé, les autorités camerounaises ont confirmé, le 14 avril 2026, l'octroi d'un financement de plus de 11 milliards FCFA par la Banque mondiale pour engager l'aménagement d'une zone économique spéciale dédiée à la transformation du bois à Bertoua, dans la région de l'Est. L'annonce a été faite à l'issue d'une audience au ministère des Mines, de l'Industrie et du Développement technologique, au cours de laquelle le ministre par intérim, Fuh Calistus Gentry, recevait une délégation de l'institution financière internationale.
Selon les éléments communiqués par le ministère, cette enveloppe avait été préalablement validée par le conseil d'administration de la Banque mondiale. " Réuni le 31 mars 2026, celui-ci a approuvé le financement du projet “économie forestière”, incluant une dotation de plus de 11 milliards de FCFA destinée au développement de la zone économique spéciale bois de Bertoua ", précisent les autorités.
Ce financement vise en priorité la mise en place d'un site industriel orienté vers la transformation avancée du bois, dans un contexte où les exportations camerounaises restent encore largement dominées par les grumes. D'après les autorités, cette première allocation couvre principalement les infrastructures de base ainsi que l'installation des premières unités de production.
À terme, la zone industrielle de Bertoua ambitionne de structurer des activités de transformation de deuxième et troisième niveaux, notamment dans les segments du bois d'ingénierie, des assemblages, des contreplaqués et du mobilier. L'objectif est de capter davantage de valeur ajoutée localement, en réduisant la dépendance aux exportations de matières brutes.
Ce projet s'inscrit dans une dynamique amorcée depuis plusieurs années par les pouvoirs publics pour industrialiser la filière forestière. Des travaux préparatoires ont ainsi été engagés, dont une étude de faisabilité lancée en juillet 2024 avec l'appui de la Mission d'aménagement et de gestion des zones industrielles et de partenaires techniques.
Les résultats de cette phase ont permis de préciser les besoins en infrastructures et de structurer un modèle industriel orienté vers des segments à plus forte valeur ajoutée. Ils ont également contribué à consolider le positionnement de Bertoua comme site d'implantation, au regard de plusieurs avantages comparatifs.
Parmi ces atouts figurent notamment la proximité des ressources forestières, l'accès à l'énergie grâce au barrage de Lom-Pangar Dam, ainsi que la connexion aux corridors logistiques reliant Douala à Bangui et à N'Djamena.
Un programme régional structurant pour le bassin du Congo
Au-delà du projet camerounais, ce financement s'inscrit dans un programme régional plus large dédié à l'industrialisation de la filière forestière dans le bassin du Congo. Dans un communiqué publié le 31 mars 2026, la Banque mondiale en précise les contours.
" Le projet vise à soutenir la transformation économique du secteur forestier dans le bassin du Congo en renforçant les chaînes de valeur locales, en améliorant la gouvernance forestière et en favorisant des investissements durables dans la transformation du bois. Il contribuera à accroître la part de la transformation locale, à soutenir les petites et moyennes entreprises et à générer des emplois, tout en réduisant les pressions sur les forêts naturelles ", indique l'institution.
La même source souligne que la première phase du programme mobilise environ 238 milliards FCFA pour le Cameroun, la République centrafricaine et la République du Congo, dans le cadre d'un engagement global estimé à près de 615 milliards FCFA.
Au-delà des investissements industriels, la Banque mondiale met en avant des retombées attendues à l'échelle régionale. Le programme devrait notamment permettre d'augmenter la part du bois transformé légalement, de soutenir plus de 500 PME du secteur et de générer des bénéfices environnementaux significatifs, en particulier à travers la réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts.
Perton Biyiha
Publié le 15/04/26 14:09
La Rédaction
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