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Cameroun : le déficit commercial s’alourdit de près de 400 milliards de FCFA en 2025

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Le déficit de la balance commerciale du Cameroun s'est nettement creusé en 2025, contredisant les ambitions affichées depuis 2022 de réduire la dépendance aux importations. D'après le rapport sur le commerce extérieur publié le 1er avril 2026 par l'Institut national de la statistique (INS), le solde commercial affiche un déficit de 2 145,2 milliards de FCFA, contre 1 747,3 milliards un an plus tôt. Soit une dégradation de 22,8 % en glissement annuel et une aggravation de 398 milliards de FCFA en valeur absolue — près de 400 milliards supplémentaires.

 " Cette détérioration du solde commercial résulte de la baisse des recettes d'exportation de 168,1 milliards de FCFA, soit 5,2 %, combinée à la hausse de 4,6 % des dépenses d'importation, soit 229,8 milliards de FCFA ". Autrement dit, le pays exporte moins tout en continuant d'accroître ses achats à l'extérieur, accentuant mécaniquement le déséquilibre.

L'ampleur réelle de ce déséquilibre apparaît encore plus marquée lorsqu'on isole certains postes structurants, en particulier les hydrocarbures. En effet, les recettes tirées du pétrole brut contribuent à atténuer le déficit global. Une fois ces flux exclus, le déficit reflète plus fidèlement la situation du reste de l'économie.

" Hors pétrole brut, ce déficit est plus prononcé et se chiffre à 2 850,9 milliards de FCFA, soit une aggravation de 3,7 % et 100,9 milliards de FCFA en valeur absolue par rapport à l'année 2024 ", indique l'INS. En excluant également le gaz naturel, le déficit atteint 3 157,6 milliards de FCFA, en hausse de 2,8 %. Ces niveaux confirment que, sans l'apport des hydrocarbures, le déséquilibre commercial est structurellement plus profond.

Une stratégie d'import-substitution mise à l'épreuve

Cette détérioration intervient dans un contexte où Yaoundé mise, depuis 2022, sur une politique d'import-substitution destinée à réduire les achats extérieurs en stimulant la production locale. L'objectif est de remplacer progressivement les importations par des biens produits sur le territoire national, notamment dans l'agroalimentaire et l'énergie.

Or, les résultats observés en 2025 suggèrent que les effets de cette stratégie restent encore limités. Le rapport de l'INS met en évidence la persistance des principaux postes de dépendance, en particulier les produits alimentaires et énergétiques, qui continuent de peser lourdement sur la balance commerciale.

Dans le cas des céréales, la facture recule de 14,1 % sur un an. Toutefois, cette baisse ne traduit pas nécessairement un renforcement de l'offre locale. Elle s'explique davantage par des facteurs conjoncturels, notamment les contraintes de change, la hausse des prix internationaux et l'ajustement de la demande intérieure dans un contexte inflationniste.

Sur le segment énergétique, le constat est encore plus révélateur. Malgré une baisse de 19,1 % de la facture d'importation — liée à l'évolution des cours mondiaux — les volumes importés de carburants et lubrifiants progressent de 10,4 % en 2025, selon l'INS. Cette dynamique illustre la dépendance persistante du pays aux produits pétroliers raffinés depuis l'incendie de la Sonara en 2019, dont la réhabilitation reste attendue.

Enfin, au-delà des volumes et des valeurs, un indicateur synthétique confirme l'aggravation du déséquilibre : le taux de couverture des importations par les exportations. Celui-ci recule nettement. " Le taux de couverture enregistre une baisse de 6,1 points de pourcentage, passant de 65,1 % en 2024 à 59,0 % en 2025. Ainsi, en 2025, le Cameroun ne couvre que 59 % de ses dépenses d'importations par ses recettes d'exportations ", souligne l'INS.

 

 

Perton Biyiha

Publié le 09/04/26 16:02

La Rédaction

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