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Cameroun : L’Exploitation minière semi-mécanisée gangrenée par l’illégalité

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Le secteur de l'exploitation minière artisanale semi-mécanisée au Cameroun est profondément affecté par l'illégalité et le non-respect des normes environnementales. Ce constat alarmant émane d'une récente mission de contrôle menée par la Société nationale des mines du Cameroun (Sonamines) avec le concours des ministères en charge des Mines et de l'Environnement. 

Dans un entretien accordé au quotidien national Cameroon Tribune, Serge Hervé Boyogueno, Directeur général de la Sonamines, a dressé un bilan accablant de cette descente sur le terrain, effectuée dans les régions de l'Est et de l'Adamaoua. "Il était prévu de visiter en sept jours 140 sites d'exploitation artisanale semi-mécanisée. Au total, nous avons contrôlé 112 structures en activité ou en arrêt. Parmi elles, seulement dix ont obtenu une autorisation officielle, et une seule a réalisé une étude d'impact environnemental et social", a-t-il révélé.

Selon Boyogueno, la plupart des structures visitées ignorent les obligations prévues par la loi du 19 décembre 2023 portant code minier. Cette loi, qui encadre l'exploitation artisanale semi-mécanisée, stipule que seules les personnes morales de droit camerounais peuvent obtenir une autorisation, sous réserve de conditions strictes définies par décret.

 Le decret du 18 novembre 2024, pris par le Premier ministre, fixe précisément ces modalités. Il exige notamment la présentation d'un certificat de conformité environnemental et social, qui découle d'une étude d'impact approuvée par l'autorité compétente.

 Les opérateurs doivent également soumettre un plan de restauration et de réhabilitation du site validé par les ministères en charge des Mines et de l'Environnement. Une caution de remise en état des sites, fixée à trois millions de francs CFA par hectare et versée auprès d'une banque camerounaise de premier ordre, est obligatoire. Enfin, la loi impose que 51% du capital des sociétés appartiennent à des nationaux.

"Sur les dix entreprises ayant obtenu une autorisation, aucune ne respecte pleinement la règle de détention de 51% du capital par des nationaux", a ajouté M. Boyogueno.

Cette mission s'inscrit dans le cadre de la mise en œuvre par la Sonamines de sa mission de restauration et de réhabilitation des sites miniers orphelins, prévue par son texte fondateur et renforcée par les dispositions du code minier de 2023. Selon le DG, l'objectif est de dresser un état des lieux précis sur la prise en compte des considérations environnementales et sociales par les exploitations artisanales semi-mécanisées, en vérifiant tant la documentation exigible que les actions concrètes sur le terrain pour protéger la santé humaine et l'environnement.

Les données recueillies démontrent que la majorité des opérateurs semi-mécanisés évoluent hors du périmètre réglementaire. Les exigences environnementales, sociales et financières fixées par les textes en vigueur ne sont ni anticipées ni mises en œuvre. Le bilan publié à l'issue de la mission interministérielle et de la Sonamines met en évidence une exploitation largement dérégulée dans les régions aurifères inspectées.

Perton Biyiha

Publié le 26/11/25 14:45

La Rédaction

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