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Centrafrique : Le groupe français Castel évite une condamnation judiciaire pour crimes contre l’humanité

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Après près de 4 années d'investigations, la justice française met un terme à une procédure à fort enjeu pour le groupe Castel. Selon un article paru chez nos confrères de l'AFP, mardi 22 avril 2026, détaillant une décision rendue en février 2026, le Parquet national antiterroriste a classé sans suite l'enquête visant l'une de ses filiales en République centrafricaine, pour complicité de crimes contre l'humanité, estimant que les infractions restaient " insuffisamment caractérisées ".

L'affaire trouve son origine dans un rapport publié en 2021 par l'ONG The Sentry, qui évoquait un système de financement indirect de groupes armés en échange de la sécurisation d'actifs industriels. Ces accusations avaient conduit, en juin 2022, à l'ouverture d'une enquête confiée à l'Office central de lutte contre les crimes contre l'humanité.

Selon les éléments relayés notamment par l'AFP, le rapport incriminait la Sucrerie africaine de Centrafrique (SUCAF), liée à la holding Somdiaa, contrôlée majoritairement par Castel. L'ONG avançait qu'un dispositif avait été mis en place sur plusieurs années afin de maintenir l'activité dans une zone instable. Elle évoquait ainsi un " arrangement sécuritaire " ayant permis de " sécuriser l'usine et les champs de canne à sucre " et de " tenter de protéger le monopole de la société ".

Plus précisément, le document décrivait " un système sophistiqué et informel " visant à financer des milices armées, par des paiements directs et indirects en espèces, ainsi que par un soutien en nature, notamment l'entretien de véhicules et la fourniture de carburant. Ces éléments ont constitué le socle des soupçons examinés par les magistrats français.

Dès l'ouverture de la procédure, la défense a contesté la solidité de ces allégations. Les conseils du groupe ont pointé " les carences du rapport " et avancé l'hypothèse d'une instrumentalisation dans un contexte de rivalités d'influence en République centrafricaine. Dans ce pays, la compétition économique et sécuritaire entre acteurs étrangers, notamment français et russes, s'est en effet intensifiée ces dernières années.

Enjeu économique et climat d'influence

Dans ce contexte, les avocats de Somdiaa et de son ancien dirigeant ont insisté sur les conséquences économiques de l'affaire. Ils indiquent " accueillir avec satisfaction " la décision de classement, tout en rappelant que " la fermeture de la seule usine de la région de Ngakobo a été une catastrophe pour ses habitants ". Ils évoquent notamment des impacts sur " des milliers de vies ", ainsi que sur l'activité locale et le soutien logistique apporté aux ONG.

De leur côté, les représentantes de The Sentry contestent la décision judiciaire. Elles estiment que ce classement " révèle les limites de cette enquête " et regrettent " une réponse pénale nettement plus rapide, ainsi qu'un véritable système de protection des témoins localisés en République centrafricaine ". Elles ajoutent que la justice " n'est malheureusement désormais plus en mesure d'accéder aux témoins centraux de ce dossier ".

Perton Biyiha

Publié le 23/04/26 15:37

La Rédaction

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