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Niger : Les recettes pétrolières ont plus que doublé atteignant plus de 453 milliards FCFA en 2025

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Au Niger, les recettes directes issues du pétrole ont atteint 453,8 milliards FCFA en 2025, soit plus du double des 224 milliards FCFA enregistrés en 2024, première année d'exploitation du pipeline d'exportation. Telle est l'information révélée par le ministre nigérien en charge du Pétrole, Hamadou Tini, lors d'une grande interview télévisée ce 11 juin, à Niamey, la capitale, à la RTN, la télévision nationale. Ces performances traduisent une transformation rapide du paysage énergétique du Niger, désormais tourné davantage vers l'exportation et la valorisation de ses ressources pétrolières, dans un contexte de consolidation des investissements et de montée des flux commerciaux.

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Sur le plan des investissements, Hamadou Tini a indiqué que le secteur pétrolier a mobilisé des capitaux massifs depuis 2008. Ainsi, les investissements cumulés de l'association regroupant l'État du Niger, la CNPC (Société nationale du pétrole de Chine) et la SOPAMIN (Société du patrimoine des mines du Niger, qui assure la gestion des participations de l'État dans les sociétés minières) s'élèvent à 8,34 milliards de dollars (4 591 milliards FCFA), illustrant l'ampleur des engagements financiers dans le développement de la filière. À ce jour, 4,32 milliards de dollars ont déjà été remboursés au titre du mécanisme de recouvrement des coûts, traduisant une structuration progressive des flux financiers entre l'État et ses partenaires.

Parallèlement, d'autres acteurs du secteur continuent de renforcer leur présence. La société CAFRA a investi 164 millions de dollars, tandis que Savannah Energy a mobilisé 212 millions de dollars dans ses opérations d'exploration. Dans le même temps, le bloc Bilma, désormais sous contrôle de la SONIDEP, a enregistré environ 23 milliards FCFA d'investissements, après des travaux antérieurs évalués à près de 300 millions de dollars.

La SORAZ, pilier industriel du secteur aval

La Société de raffinage de Zinder (SORAZ), détenue à 60% par la CNPC et 40% par l'Etat nigérien, demeure un maillon central de la chaîne pétrolière nigérienne. Selon les données communiquées par le ministre, les investissements initiaux dans cette raffinerie s'élèvent à 895 millions de dollars. La dette liée à son financement est aujourd'hui quasiment apurée, avec seulement 24 millions de dollars restant à rembourser, signe d'une stabilisation financière du projet.

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Depuis sa mise en service en 2011, la SORAZ a généré un chiffre d'affaires cumulé de 629 milliards FCFA et contribué à hauteur de 741 milliards FCFA au budget de l'État, sous forme d'impôts et taxes, confirmant son rôle structurant dans l'économie nationale.

50,3 millions de barils exportés

Sur le front de l'exportation, les performances affichées traduisent également une montée en puissance opérationnelle. Au 28 mai 2026, le Niger a expédié 51 cargaisons de pétrole brut, représentant un volume total de 50,3 millions de barils. La part revenant à l'État, estimée à 25,36%, correspond à 12,9 millions de barils commercialisés. Ces ventes ont généré environ 950 millions de dollars de recettes pour le Trésor public, confirmant l'impact direct du pipeline d'exportation sur les finances nationales.

Fin du remboursement de l'avance chinoise

Autre annonce majeure, le Niger a entièrement remboursé, depuis mars 2026, l'avance de 400 millions de dollars contractée auprès de son partenaire chinois. ‘'Nous ne devons plus rien au partenaire chinois au titre de cette avance'', a déclaré le ministre Hamadou Tini, soulignant que les revenus futurs issus des exportations pétrolières seront désormais intégralement orientés vers le budget national, après déduction des coûts de transport estimés provisoirement à 15 dollars par baril. Cette étape marque un allègement des engagements financiers liés au développement initial du pipeline, renforçant les marges de manœuvre budgétaires de l'État. Il faut également souligné que le pays avait récemment conclu des accords avec ses partenaires chinois pour la relance et l'accélération de la coopération dans le secteur pétrolier.

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Malgré ces performances, le gouvernement reste prudent sur la transparence des investissements. Les dépenses déclarées pour la construction du pipeline d'exportation sont évaluées à 2,3 milliards de dollars. Toutefois, les autorités ont annoncé l'ouverture d'un audit, afin de vérifier et clarifier le montant réel des investissements réalisés, dans un contexte où la rigueur dans la gestion des projets structurants devient une exigence croissante.

Avec des recettes en forte croissance, des investissements massifs et une montée en puissance des exportations, le secteur pétrolier nigérien s'impose désormais comme un pilier central de l'économie nationale. Mais cette dynamique s'accompagne également d'enjeux de gouvernance, de transparence et d'optimisation des revenus, notamment à travers l'audit en cours du pipeline et la structuration des relations avec les partenaires internationaux. Le Niger entend capitaliser sur cette nouvelle manne pétrolière, pour soutenir ses ambitions de développement économique et de souveraineté financière.

Publié le 13/06/26 16:04

Narcisse Angan

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