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Face au choc pétrolier, les pays d'Afrique de l'Ouest diversement impactés selon la Banque mondiale

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Alors que les tensions persistantes au Moyen-Orient maintiennent les cours du brut à des niveaux élevés, l'impact économique se révèle profondément asymétrique en Afrique de l'Ouest. Selon les dernières analyses de la Banque mondiale publiées dans son rapport d'avril sur les économies d'Afrique subsaharienne, la région se divise nettement entre pays exportateurs capables d'absorber le choc et économies fortement dépendantes des importations d'énergie.

Les producteurs en première ligne… mais protégés

Dans ce contexte, des pays comme le Nigéria, le Ghana et le Niger bénéficient d'un statut d'exportateurs nets d'hydrocarbures (y compris de produits raffinés), qui amortit l'effet de la hausse des prix. Leurs exportations génèrent des entrées de devises significatives –16,7% du PIB au Nigeria, 3,8% au Niger et 0,7% au Ghana – offrant un coussin externe précieux dans un environnement volatil.

Cette position n'est toutefois pas exempte de risques : la dépendance aux matières premières expose ces économies à la volatilité des cours, mais à court terme, la flambée des prix du brut tend à renforcer leurs recettes d'exportation et leurs équilibres extérieurs.

Des importateurs modérément exposés

En milieu du spectre, plusieurs économies affichent une vulnérabilité contenue. Le Togo, le Bénin et la Côte d'Ivoire présentent une exposition relativement limitée, avec des importations d'hydrocarbures coûtant entre 1,6 % et 1,9 % du PIB, mieux que la moyenne subsaharienne estimée à 2,6 %.

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Cette situation s'explique en partie par une meilleure diversification économique et, dans certains cas, par des capacités locales de transformation ou de stockage qui atténuent l'impact immédiat des chocs externes.

Zone rouge pour les économies sahéliennes

En revanche, plusieurs pays enclavés apparaissent particulièrement vulnérables. Le Mali, le Burkina Faso et la Guinée figurent parmi les plus exposés, avec des importations d'énergie atteignant respectivement 11,1 %, 9,6 % et 7 % du PIB.

Pour ces économies, la hausse des prix du pétrole agit comme un choc externe majeur : elle alourdit les déficits commerciaux, accentue les pressions inflationnistes et réduit les marges budgétaires déjà contraintes. Le Mali se classe ainsi parmi les pays les plus exposés du continent, derrière la Mauritanie, le Liberia et la Gambie.

Le Sénégal, récemment entré dans le cercle des producteurs d'hydrocarbures, occupe une position intermédiaire. Malgré le démarrage de sa production, le pays reste encore dépendant des importations, qui représentent environ 4 % du PIB. Une situation transitoire, appelée à évoluer avec la montée en puissance de ses projets pétroliers et gaziers.

Au total, près des deux tiers des pays d'Afrique subsaharienne présentent une exposition moyenne à élevée aux importations de pétrole et de gaz, avec une fourchette de coûts allant de 3,5 à 15,3% du PIB, selon la Banque mondiale. Une réalité qui souligne la dépendance persistante du continent aux marchés énergétiques internationaux.

Dans un contexte de volatilité géopolitique durable, la question énergétique s'impose plus que jamais comme un enjeu stratégique. Pour les pays les plus exposés, la diversification des sources d'énergie et l'accélération des investissements dans les ressources locales apparaît désormais comme des impératifs économiques.

Publié le 16/04/26 15:57

Jean Mermoz Konandi

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