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Fitch abaisse la note souveraine du Gabon après la suspension de la Banque mondiale

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Fitch Ratings a, le 24 janvier dernier, abaissé d'un cran la note sur les emprunts à long terme et en devise de l'État gabonais, la faisant passer de "CCC+" à "CCC". Cette note ultra-spéculative, située 4 crans au-dessus du défaut de paiement, traduit un risque très important de non-remboursement.

L'agence américaine de notation explique que sa décision se justifie par les fortes tensions de trésorerie auxquelles fait face le pays et qui ont entraîné une importante accumulation d'arriérés intérieurs et extérieurs en 2024. "L'accès limité au marché régional de la dette, la pénurie de financements des grands créanciers officiels et les amortissements extérieurs élevés ont entraîné de graves tensions sur les liquidités publiques intérieures et extérieures et une augmentation des arriérés envers les fournisseurs et les créanciers officiels", peut-on lire.

Voir aussi : Gabon : La Banque mondiale suspend à nouveau ses décaissements pour insolvabilité

Fitch rapporte qu'entre janvier et novembre 2024, les arriérés extérieurs du Gabon ont augmenté de 0,9% principalement sur la dette envers les créanciers bilatéraux et multilatéraux, compromettant l'accès à de nouveaux financements. Sur ce point, la Banque mondiale a récemment suspendu ses décaissements au profit du pays en raison d'un volume d'impayés estimé à 17 milliards FCFA (environ 26,6 millions USD) au 10 janvier 2025. Concernant les arriérés intérieurs, ils ont également augmenté, notamment en ce qui concerne la dette envers les fournisseurs, qui s'élève à près de 1,5% du PIB en 2024.

Mais ces manquements n'évincent pas les efforts du pays en matière des remboursements de la dette. En 2024, et malgré le contexte difficile, Libreville a honoré toutes ses échéances sur le marché domestique, mais a également anticipé le remboursement d'une partie de son Eurobond. "Le Gabon a un piètre bilan en matière de gestion des finances publiques, mais les autorités ont un bilan crédible en matière de priorité accordée au service de la dette des euro-obligations, même dans les périodes difficiles, y compris sous le gouvernement de transition en 2024", reconnaît l'agence.

Voir aussi : La suspension des décaissements de la Banque mondiale met le Gabon dos au mur

Toutefois, le pays doit encore faire des efforts en matière de priorité budgétaire en réduisant les dépenses non-essentielles. Sous l'effet de l'accent mis par les nouveaux dirigeants sur les revendications sociales, le gouvernement a procédé à une augmentation non maîtrisée des dépenses publiques. Cela s'est traduit par de nouveaux recrutements dans la fonction publique, faisant augmenter de 7% la masse salariale. Les dépenses d'investissement ont également augmenté de 40 % en 2024 alors que les recettes n'ont pas suivi le même rythme. Dès lors, le déficit public pourrait atteindre 2,4% en 2025 contre 0,2% en 2024 et un excédent de 2,5% en 2023. La dette publique restera élevée se maintenant au-dessus du seuil de soutenabilité de 70% du PIB.

Les tensions de Trésorerie vont s'accentuer en 2025 puisque le Gabon doit faire face à d'importantes échéances sur sa dette en 2025 et 2026, dans un contexte où l'agence anticipe une détérioration des prix du pétrole à 70 USD/baril en 2025 et à 65 USD/baril en 2026 contre 80 USD/baril en 2024. Pour se tirer d'affaires, Fitch s'attend à ce que le pays accroche, cette année, un nouveau programme économique et financier avec le Fonds monétaire international, (FMI) assorti d'un premier décaissement.

"Notre scénario de base suppose qu'un accord avec le FMI, comprenant un décaissement initial, sera en place en 2025, fournissant un financement externe, mais les risques pour ce scénario sont élevés, car un programme nécessiterait probablement des changements de politique drastiques et impopulaires dans un environnement politique toujours volatil".

Cédrick JIONGO

Publié le 27/01/25 06:34

La Rédaction

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