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Forêt, pétrole et mines : Le Gabon veut affiner l'évaluation des revenus tirées de ses ressources naturelles

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Le Gabon veut affiner la mesure de ce que lui rapportent réellement sa forêt et ses ressources extractives. Dans ce cadre, le gouvernement et la Banque africaine de développement (BAD) viennent de signer un accord de don destiné au Projet d'appui à l'élaboration des comptes satellites forestiers et extractifs du Gabon (COSAFE). Porté côté gabonais par le ministère de l'Économie, le dispositif doit permettre de construire des outils statistiques spécifiquement consacrés à deux piliers de l'économie nationale : la filière forêt-bois d'un côté, et les industries extractives notamment pétrole et mines, de l'autre. L'enjeu dépasse la production de nouvelles statistiques puisqu'il s'agit de mieux déterminer la richesse effectivement créée par l'exploitation du capital naturel gabonais et sa contribution à l'économie nationale.

Cette photographie plus précise est d'autant plus stratégique que l'économie gabonaise reste fortement dépendante de ses ressources naturelles. Le pétrole demeure l'un des principaux moteurs des exportations et des recettes publiques, tandis que le manganèse place le Gabon parmi les grands producteurs mondiaux. La forêt constitue, elle, un autre actif économique majeur : environ 88 % du territoire national est couvert de forêts et le pays a progressivement cherché à accroître la transformation locale du bois depuis l'interdiction d'exporter les grumes en 2010. Derrière les volumes produits ou exportés se pose désormais une question différente : quelle valeur ajoutée ces activités génèrent-elles effectivement sur le territoire, combien d'emplois soutiennent-elles et quelle proportion des revenus issus de l'exploitation des ressources reste dans l'économie gabonaise ?

Contrairement aux agrégats macroéconomiques généraux, les comptes satellites dont il est question, doivent apporter davantage de profondeur aux statistiques traditionnelles, d'isoler un secteur et d'en examiner plus finement les différentes composantes : production, consommation intermédiaire, valeur ajoutée, revenus, emplois ou encore relations avec les autres branches de l'économie. Pour le Gabon, COSAFE doit ainsi permettre de dépasser la seule mesure des tonnes de manganèse, des barils de pétrole ou des volumes de bois produits et exportés. L'objectif étant de mieux identifier la chaîne de valeur créée autour de ces ressources et, par conséquent, de disposer d'une base plus solide pour évaluer les effets des politiques de transformation locale.

L'exercice prend une dimension particulière au moment où Libreville veut accélérer la diversification économique et augmenter la transformation domestique de ses matières premières. Dans le bois, cette orientation est déjà ancienne ; dans les mines, elle prend une importance croissante avec les ambitions affichées autour de la transformation du manganèse ; dans les hydrocarbures, la montée du gaz et des activités associées pose également la question de la valeur captée localement. Des comptes plus détaillés peuvent donc permettre à l'État de comparer plus précisément ce que génère chaque filière en valeur ajoutée, emplois et revenus avec les avantages fiscaux, infrastructures ou investissements publics qui lui sont consacrés. COSAFE peut ainsi devenir un outil d'arbitrage économique, et non simplement un nouvel instrument statistique.

Publié le 26/08/26 17:55

La Rédaction

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