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Gabon : Comment le pays veut faire de chaque citoyen "un acteur du financement du développement national"

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À l'ouverture du Forum National de l'Épargne pour le Développement (FONED), le 2 septembre 2026 à Libreville, l'Administrateur Directeur Général de la Caisse des Dépôts et Consignations du Gabon, Marius Issa Nkori, a posé l'ambition de permettre à chaque Gabonais, résident comme membre de la diaspora, de devenir "à son échelle, un acteur du financement du développement national". Une formule qui résume l'esprit de cette première édition, pensée pour accompagner le Plan National de Croissance et de Développement 2026-2030, dont l'enveloppe d'investissement est estimée à 27 000 milliards FCFA, avec près de 18 000 milliards attendus du secteur privé et des ressources nationales.

Le constat de départ, partagé par les intervenants gabonais et français, est celui d'un paradoxe. L'Afrique souffre d'un déficit de financement du développement largement documenté, mais dispose dans le même temps de ressources considérables et sous-mobilisées. Selon les chiffres cités par le représentant du groupe Agence Française de Developemment (AFD), l'épargne privée africaine représente environ 19% du PIB du continent en 2023-2024, soit plus de 500 milliards de dollars par an, auxquels s'ajoutent plus de 90 milliards de dollars de transferts annuels de la diaspora. La Banque Africaine de Développement estime par ailleurs que jusqu'à 1 430 milliards de dollars de ressources domestiques additionnelles pourraient être mobilisés chaque année sur le continent d'ici 2030.

L'ampleur du chemin à parcourir se mesure d'ailleurs à l'échelle gabonaise. Selon la BEAC, les particuliers, quelle que soit leur nationalité ou leur résidence, ne détiennent que 65,62 milliards FCFA de titres émis par l'État gabonais, soit à peine 1,92% des 3 424,1 milliards FCFA d'encours total. Un chiffre qui illustre concrètement l'écart entre l'ambition affichée par la CDC de faire de chaque citoyen un "acteur du financement" et la réalité actuelle d'une épargne individuelle quasi absente du marché de la dette publique gabonaise.

C'est dans ce cadre que s'inscrit le rôle assigné à la CDC Gabon, présentée comme un "tiers de confiance" appelé à sécuriser les ressources qui lui sont confiées et à intervenir aux côtés des banques, des assurances et des investisseurs, sans s'y substituer. Cette approche a été appuyée par le représentant de la partie française, qui a rappelé l'expérience de la Caisse des Dépôts française, créée en 1816 pour restaurer la confiance des citoyens dans les finances publiques, avant de devenir un investisseur de long terme au service de l'intérêt général.

La question de la diaspora occupe également une place de choix dans ce dispositif, à travers la restitution de l'étude Diasporas et Développement (DIASDEV) et les travaux engagés autour du produit OKIRA 241. Mais entre la volonté politique affichée dans les discours d'ouverture et une participation individuelle qui plafonne aujourd'hui sous les 2% de l'encours de dette publique, les organisateurs du FONED devront démontrer que ce "Forum de solutions" peut effectivement passer du diagnostic aux instruments, puis des instruments à une mobilisation massive de l'épargne des ménages.

Idrissa Diakité

Publié le 02/09/26 18:00

La Rédaction

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