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Gabon-Émirats : Libreville veut désormais transformer 85 milliards FCFA d’échanges en investissements

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Après le commerce, les capitaux. Le Gabon et les Émirats arabes unis ont enregistré 141,7 millions de dollars, soit environ 85 milliards FCFA, d'échanges non pétroliers au premier semestre 2026. Mais la visite à Libreville du ministre émirati du Commerce extérieur, Thani bin Ahmed Al Zeyoudi, le 5 septembre, montre que les deux pays cherchent désormais à déplacer le centre de gravité de leur relation économique : transformer la progression des échanges commerciaux en projets et investissements dans l'économie gabonaise.

La base commerciale existe déjà. En 2025, les échanges non pétroliers entre les deux économies avaient atteint 320,6 millions de dollars, environ 192,4 milliards FCFA, soit plus du double du montant enregistré en 2021. Les exportations émiraties vers le Gabon ont, elles, atteint 61,1 millions de dollars en 2025 avant de grimper à 62,7 millions de dollars sur les seuls six premiers mois de 2026. Côté gabonais, le manganèse, le caoutchouc et le bois figurent notamment parmi les produits non pétroliers identifiés par les autorités émiraties comme alimentant les échanges.

Le CEPA (Accord de partenariat économique global) signé le 6 février 2026 doit fournir l'architecture de cette nouvelle étape. Au-delà de la baisse des barrières douanières, l'accord vise explicitement à faciliter les flux d'investissements et la coopération entre entreprises. Agriculture, logistique, mines et énergies renouvelables figurent parmi les secteurs prioritaires. Les discussions organisées à Libreville ont encore élargi le champ à la technologie, aux infrastructures et à la sécurité alimentaire, avec des rencontres directes entre responsables gouvernementaux et entreprises des deux pays.

Pour le Gabon, l'intérêt réside surtout dans la puissance d'investissement que les Émirats déploient désormais en Afrique. Selon les données communiquées par Abu Dhabi, les Émirats ont investi plus de 110 milliards de dollars sur le continent entre 2019 et 2024, soit plus de 66 000 milliards FCFA, et sont présentés comme la première source de nouveaux investissements directs étrangers en Afrique. Libreville cherche à capter une fraction de ces capitaux pour financer sa diversification, alors que ses besoins en infrastructures, énergie, logistique et transformation locale restent considérables.

Un premier symbole de cette stratégie était visible pendant la visite : Al Zeyoudi a participé à l'ouverture officielle de la centrale solaire de SOLEN à Ayémé Plaine et la délégation émiratie s'est également rendue dans la zone d'investissement privée de Nkok. La relation Gabon-Émirats entre ainsi dans une phase où les annonces pourront être confrontées à des indicateurs plus tangibles : montants engagés, projets financés, capacités industrielles installées et emplois créés. Après 85 milliards FCFA d'échanges au premier semestre, c'est désormais le volume des capitaux effectivement investis au Gabon qui permettra de mesurer la profondeur du rapprochement économique.

Idrissa Diakité

Publié le 07/09/26 17:10

La Rédaction

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