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Gabon : Entre discussions techniques et promesse de programme " sur mesure " avec le FMI

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Le Gabon se prépare à accueillir une mission du FMI prévue pour février 2026, dans le cadre de discussions techniques destinées à ajuster ses finances publiques. Contrairement aux négociations classiques, il ne s'agit pas pour l'heure d'une demande formelle de programme d'ajustement, mais plutôt d'un dialogue visant à établir un programme de réformes sur mesure pour le pays. Cette mission s'inscrit dans une démarche collaborative, qui, selon le ministre des Finances, Thierry Minko, doit être totalement alignée avec les priorités nationales du Gabon, notamment la protection des dépenses sociales.

Dans un contexte de forte pression budgétaire, le Gabon souhaite avant tout restaurer sa crédibilité financière et améliorer sa position au sein de la CEMAC. Selon les dernières données de la Banque Mondiale, le pays fait face à une dette publique atteignant 74,7 % du PIB en 2024, et la tendance pourrait s'accentuer puisque selon les données de la direction générale de la dette, à fin novembre l'encours global se situe à 8 547,2 milliards FCFA dont 437 milliards d'arriérés. Ces chiffres traduisent l'urgence d'une optimisation des finances publiques. Le programme en discussion vise donc à stabiliser cette dynamique d'endettement tout en garantissant des investissements structurants, notamment dans les secteurs de l'infrastructure et de la transition énergétique.

Les réformes fiscales sont également au cœur du programme envisagé, avec un focus sur l'élargissement de l'assiette fiscale et l'amélioration du recouvrement des recettes, qui reste un défi majeur. En 2025, le Gabon affiche un manque à gagner fiscal de près de 30 % par rapport aux objectifs de collecte. Le ministre Minko a cependant insisté sur le fait que ces réformes ne seront pas procycliques et qu'aucune compression des dépenses sociales n'est envisagée. Les secteurs de l'éducation et de la santé, représentant 15 % du budget national, bénéficieront d'une protection prioritaire.

Toutefois, la faisabilité de cette promesse repose sur une révision stratégique de la loi de finances 2026 pour s'adapter aux réalités économiques et budgétaires. L'accord avec le FMI est perçu comme une clé de voute pour l'accès aux financements concessionnels, mais aussi comme un levier pour attirer d'autres bailleurs de fonds. Selon les prévisions du FMI, l'objectif est d'améliorer la gestion de la dette tout en s'assurant que le Gabon puisse accéder à des ressources financières à faible coût pour soutenir ses projets de développement stratégique. À ce titre, l'accord avec le FMI pourrait faciliter des financements à taux préférentiels pour des infrastructures notamment.

Publié le 14/02/26 15:04

La Rédaction

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