Après le corridor Libreville-Ndendé-frontière congolaise, la Banque africaine de développement évoque une phase II du Programme d'aménagement du système intégré de gestion, avec des voiries urbaines ciblées à Franceville, Port-Gentil et Oyem, ainsi qu'un volet dédié au Poste de Contrôle Unique Frontalier. Ce prolongement n'a toutefois pas, à ce jour, de plan de financement arrêté dans la documentation disponible, la Banque mentionnant simplement un possible cofinancement avec d'autres partenaires techniques et financiers.
Pour les acteurs économiques de ces trois villes, l'enjeu dépasse la seule question routière. Franceville, pôle minier et administratif du Haut-Ogooué, Port-Gentil, capitale économique et pétrolière, et Oyem, hub commercial du Woleu-Ntem vers le Cameroun et la Guinée équatoriale, concentrent une part significative de l'activité économique hors Libreville. Des voiries urbaines fiabilisées y réduiraient les coûts logistiques pour les entreprises locales et amélioreraient la connectivité des zones économiques secondaires, un facteur régulièrement cité par les investisseurs comme frein à la diversification économique du pays.
Le financement de cette phase II reste néanmoins à instruire et à construire. La BAD n'a pas confirmé de calendrier ni de montant, et l'absence de mécanisme de cofinancement identifié à ce stade du dossier signifie que le projet dépend encore d'arbitrages budgétaires et diplomatiques à venir. Dans un contexte où l'espace fiscal gabonais reste sous étroite surveillance, notamment dans la perspective du programme FMI, la capacité de l'État à porter de nouveaux engagements, même concessionnels, sera scrutée de près par les bailleurs.
L'inscription de ces trois villes dans les intentions de la Banque constitue un signal fort pour les opérateurs économiques régionaux, entreprises de BTP, fournisseurs de matériaux, transporteurs, qui peuvent d'ores et déjà anticiper un possible appel d'offres. Toute chose qui devrait contribuer à renforcer la valeur ajoutée d'un secteur du BTP qui a bondi de près de 15% en 2025, porté par les grands chantiers étatiques en cours.
Idrissa Diakité
Publié le 14/07/26 13:09
La Rédaction
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