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Gabon : L'offensive de Libreville à Washington pour faire infléchir le FMI

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Le ballet diplomatique et financier s'intensifie à Washington. En marge des réunions de printemps 2026 des deux institutions financières de Bretton Woods, la délégation gabonaise s'attèle à convaincre les services du FMI de la pertinence de son nouveau programme de réformes. Après une mission de collecte de données sans concession à Libreville en février dernier, l'objectif des discussions actuelles est de restaurer une crédibilité financière mise à mal par des années de déficit chronique, projeté à 6,2 % du PIB pour 2026, et par une opacité persistante sur les passifs de l'État.

Pour rassurer l'institution de Bretton Woods, Libreville joue la carte de la discipline monétaire communautaire. La récente annonce du rapatriement de 270 millions de dollars (environ 164 milliards FCFA) de fonds de réserve par la Gabon Oil Company (GOC) au 31 décembre 2025 agit comme un gage de bonne volonté. Ce signal fort, destiné à soutenir les réserves de change de la zone CEMAC en pleine vigilance, vise à démontrer que le pays est prêt à se plier aux règles d'orthodoxie financière pour débloquer un mécanisme élargi de crédit (MEDC) devenu vital.

Mais le chemin vers un accord définitif reste semé d'embûches structurelles. Le FMI maintient une pression constante sur la transparence des revenus extractifs et l'apurement des arriérés intérieurs, alors que des créanciers comme Karpowership réclament encore près de 14 millions de dollars. Par ailleurs, la chute de l'indice de valeur des exportations enregistrée fin 2025 et l'augmentation des coûts de l'assurance maritime liée au conflit en Iran limitent les marges de manœuvre budgétaires du gouvernement, forçant une révision drastique de la trajectoire de la dette.

Malgré ces vents contraires, les perspectives de croissance pour 2026 restent les plus dynamiques de la zone CEMAC, avec un taux projeté à 3,7 %. Ce dynamisme offre une fenêtre d'opportunité. Si Libreville parvient à transformer l'essai à Washington, ce futur programme FMI pourrait non seulement stabiliser la balance des paiements, mais surtout abaisser les primes de risque sur le marché régional où le Gabon, le Cameroun et le Congo concentrent à eux seuls 80 % de la dette.

Idrissa Diakité

Publié le 15/04/26 11:52

La Rédaction

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