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Gabon : La BAD exhorte à coordonner les actions de l’ANPI, de la CDC, du FGIS et de la BCEG pour mieux structurer le financement du secteur privé

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L'écosystème de soutien au secteur privé gabonais est jugé trop fragmenté par la BAD. Dans son rapport pays 2025, l'institution rappelle que lalgré l'existence d'acteurs de poids comme l'ANPI, la CDC, le FGIS et la nouvelle BCEG, le financement intérieur au secteur privé ne représente que 13,3 % du PIB, contre une moyenne de 37 % pour l'Afrique subsaharienne. Ce faible taux de pénétration du crédit démontre une inefficacité des dispositifs actuels, où les institutions multiplient les guichets sans réelle stratégie de convergence, créant un réservoir d'argent "invisible" qui, s'il était mieux géré par une action conjointe, permettrait de financer le développement sans augmenter la dette publique.

Le secteur bancaire reste donc surliquide mais toujours aussi frileux. Pour dynamiser le marché, la BAD appelle à une synergie où le Fonds Gabonais d'investissements stratégiques (FGIS) et la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), interviendraient en amont sur le capital-risque, tandis que la Banque pour le Commerce et l'entrepreneuriat du Gabon (BCEG), offrirait des garanties pour abaisser le coût du crédit, qui reste prohibitif pour de nombreuses PME. Une coordination renforcée permettrait, selon la BAD, de mieux orienter les subventions et autres facilités fiscales en faveur des secteurs à haute valeur ajoutée.

Le rapport met également en exergue le potentiel inexploité des Zones d'Investissement Spéciales (ZIS). Pour que ces zones créent davantage d'emplois, l'Agence nationale de la promotion des investissements doit simplifier le parcours de l'investisseur, tandis que la BCEG doit financer les chaînes de valeur locales, notamment dans le bois où le Gabon est leader. Actuellement, la transformation locale progresse, mais elle manque de profondeur industrielle faute de financements structurés et coordonnés entre ces grands bras armés de l'État.

L'objectif final de cette "Union Sacrée" attendue est d'élever la part du secteur manufacturier dans le PIB. En alignant les mandats de la CDC, du FGIS et de la BCEG, le Gabon pourrait capter une plus grande part de la richesse verte, estimée à plusieurs milliards de dollars en capital naturel non monétisé. Pour la BAD, la réussite de la diversification ne dépend plus seulement de la volonté politique, mais de la capacité technique de ces institutions à agir en un bloc financier cohérent et offensif.

Publié le 10/03/26 17:02

La Rédaction

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