Le Ghana accélère la modernisation de son unique raffinerie, afin de renforcer sa sécurité énergétique et réduire sa dépendance aux importations de carburants. La Tema Oil Refinery (TOR), située dans le principal hub pétrolier du pays, a engagé l'intégration d'une nouvelle unité de traitement qui devrait porter sa capacité de production de 28 000 à 45 000 barils par jour, soit une augmentation d'environ 61%.
Cette montée en puissance intervient dans un contexte de recomposition du marché du raffinage en Afrique de l'Ouest, marqué notamment par l'entrée en service de la méga-raffinerie Dangote au Nigeria. Pour Accra, l'objectif vise à renforcer l'approvisionnement domestique, tout en consolidant son rôle de plateforme énergétique régionale.
La stratégie de TOR repose sur l'intégration d'une nouvelle unité de four, baptisée F-61, qui fonctionnera en parallèle de l'unité existante F1. Les deux installations seront reliées à l'unité de distillation du pétrole brut (CDU) de la raffinerie, permettant de traiter des volumes plus importants et d'augmenter la production de produits raffinés. Fait notable, la modernisation se déroule sans interruption majeure de l'activité. Les opérations de raffinage se poursuivent pendant l'installation de la nouvelle unité, ce qui permet d'éviter une rupture d'approvisionnement sur le marché intérieur.
Une reprise après plusieurs années d'inactivité
Après plusieurs années d'arrêt. La raffinerie de Tema a repris ses activités le 19 décembre 2025. Cette relance a été rendue possible grâce à d'importants travaux de maintenance réalisés entre août et octobre 2025 sur l'unité de distillation atmosphérique, suivis de l'autorisation de redémarrage délivrée par l'Autorité nationale du pétrole (NPA).
Depuis sa remise en service, TOR fonctionne dans le cadre d'un accord de sous-traitance : des sociétés tierces fournissent le pétrole brut à la raffinerie, qui se charge de le transformer contre rémunération avant de restituer les produits raffinés aux fournisseurs. Dans ce modèle, TOR perçoit uniquement des frais de traitement et ne contrôle ni la commercialisation ni la distribution des carburants.
Pour l'Association des banques du Ghana, la remise en service de la raffinerie constitue un levier structurel pour l'économie nationale, susceptible de contribuer à stabiliser les prix des carburants et à réduire la pression sur les réserves de change en limitant les importations de produits pétroliers raffinés. Même si son échelle reste modeste comparée à la raffinerie Dangote du Nigeria, dont la capacité atteint 650 000 barils par jour, l'extension de la raffinerie de Tema pourrait avoir un impact tangible sur l'équilibre énergétique de l'Afrique de l'Ouest.
Historiquement, la région dépend fortement des importations de carburants raffinés, en raison de capacités de raffinage limitées. L'augmentation de la production à Tema pourrait contribuer à stabiliser l'approvisionnement, notamment pour les pays enclavés ou les marchés voisins qui s'approvisionnent via les ports ghanéens. À terme, la direction de TOR envisage même d'aller plus loin. Des études sont en cours pour porter la capacité de l'installation à 60 000 barils par jour, conformément au Plan d'infrastructure du Ghana 2018-2047.
Publié le 11/03/26 10:45
Narcisse Angan
SN
CEMAC