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Gabon : La société d’eau et d’énergie doit 149 milliards FCFA à ses fournisseurs

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La Société d'Énergie et d'Eau du Gabon (SEEG) porte un passif fournisseurs de 149 milliards FCFA, selon les données communiquées par le ministre de l'Accès universel à l'Eau et à l'Énergie, Philippe Tonangoye lui même. Ce montant, concentré sur un top 20 de fournisseurs stratégiques, concerne notamment Pérenco pour l'approvisionnement en gaz, et Aggreko et KPS pour la fourniture d'électricité, des prestataires dont la continuité du service conditionne directement celle de l'opérateur monopolistique gabonais.

L'accumulation de ces arriérés est le produit de deux maux combinés : des années de mauvaise gouvernance et une trésorerie structurellement insuffisante, qui ne permettait plus à la SEEG d'honorer ses engagements vis-à-vis de ses créanciers. Le ministre a décrit la situation d'il y a sept à huit mois avec une formule sans équivoque : la SEEG était " sous assistance respiratoire ", une image qui dit à elle seule l'ampleur du risque systémique auquel a été exposé le secteur énergétique gabonais.

Des signaux de redressement émergent néanmoins. La semaine dernière, 15 milliards de FCFA ont été mobilisés auprès d'Ecobank pour régler les seules factures dues à KPS, une première étape dans la reprise des paiements, interrompus depuis un certain temps. Le ministre situe désormais la SEEG entre " l'assistance respiratoire " et la pleine autonomie financière : la société est " sous perfusion ", stabilisée mais pas encore rétablie. La réforme de la gouvernance interne est en cours, présentée comme une condition indispensable au redressement durable.

Pour l'économie gabonaise, l'enjeu dépasse largement le seul bilan comptable de la SEEG. En tant qu'opérateur monopolistique de l'eau et de l'électricité, sa défaillance financière a des répercussions directes sur les ménages, les entreprises et l'attractivité du pays pour les investisseurs. Le remboursement progressif des 149 milliards FCFA dus, combiné à une réforme profonde de la gouvernance et possiblement une scission en deux entités autonomes comme indiqué il y a quelques mois par les autorités, constitue désormais le test central de la capacité du gouvernement à assainir durablement cet actif stratégique national.

Publié le 24/02/26 18:41

La Rédaction

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