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Gabon : La taxe API/PNR, deuxième bras de fer avec l'IATA en un an

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L'Association du transport aérien international (IATA) a adressé, le 6 août 2026 selon la presse locale, une correspondance au ministre d'État chargé des Transports, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, exigeant la suspension immédiate de la redevance API/PNR instaurée par l'arrêté n° 00000109/MTMML/MEFDPLVC du 10 juin 2026. Fixée à 30 dollars par passager, soit environ 17 400 FCFA, cette taxe finance le déploiement du système de collecte de données API/PNR confié à la société américaine Securiport LLC, dans le cadre d'une convention signée le 21 mai. L'IATA y voit une violation des standards de l'Organisation de l'aviation civile internationale, rappelant qu'il est strictement interdit de faire financer par les passagers des missions régaliennes de sécurité frontalière, un principe que l'organisation, avec l'Association des compagnies aériennes africaines (AFRAA) et l'Association des compagnies aériennes d'Afrique australe (AASA), a rappelé publiquement à l'ensemble des États africains dès le 4 août.

Ce contentieux est loin d'être isolé. Cinq mois plus tôt, l'IATA avait déjà écrit au directeur général de l'ANAC pour contester l'arrêté du 13 novembre 2025 relevant de 25% la redevance passager R4, censée financer le nouveau terminal de l'aéroport Léon-Mba porté par Gabon Special Economic Zone. Une réunion de médiation organisée en avril par le ministère des Transports n'avait pas permis de rapprocher les positions. Le Gabon affiche ainsi, en moins d'un an, deux prélèvements aéroportuaires contestés par la même organisation, pour le même motif : absence de concertation préalable avec les compagnies et opacité sur l'affectation des fonds collectés.

Cette accumulation intervient à un moment où la question de la gouvernance financière est loin d'être accessoire pour Libreville. Le gouvernement a formellement sollicité un programme avec le Fonds monétaire international le 11 mars 2026, à la suite d'une mission du Fonds, en invoquant expressément la nécessité de stabiliser les finances publiques et d'améliorer la transparence fiscale. Dans ce contexte, chaque nouveau prélèvement contesté pour défaut de transparence, qu'il s'agisse de la R4 versée sur un compte GSEZ ou de la redevance API/PNR adossée à un contrat Securiport non rendu public, fournit un indicateur sur la capacité de l'État à documenter l'origine et l'usage de ses recettes, précisément ce que le FMI examine dans ce type de négociation.

Et l'enjeu dépasse la seule facture du passager. L'aéroport de Libreville affiche un trafic en recul structurel, 800 000 voyageurs en 2024 contre 965 000 en 2018, soit une baisse de plus de 17% en six ans. Une nouvelle redevance non validée techniquement par l'IATA, condition indispensable à son intégration dans les systèmes de réservation des compagnies, risque de son propre aveu de dissuader des transporteurs de desservir ou de renforcer leurs lignes vers Libreville. Le Gabon prendrait ainsi le risque d'aggraver le déficit de connectivité aérienne que la taxe était censée aider à combler, au moment même où les autorités affichent l'ambition de faire de la capitale un hub régional avec le pavillon national FlyGabon, dans lequel l'État a injecté 1 milliard FCFA via sa holding.

L'IATA propose néanmoins une porte de sortie technique : suspension immédiate de la redevance, ouverture d'un dialogue formel avec les compagnies, et définition d'un calendrier réaliste de trois à six mois après publication des spécifications techniques et du cadre juridique. Reste à savoir si Libreville choisira d'en faire un cas d'école de concertation, ou un nouveau point de friction s'ajoutant au dossier R4 déjà bloqué.

Publié le 26/08/26 16:03

La Rédaction

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