Le ministère de l'Économie prépare une réforme sans précédent dans l'histoire économique du pays; instaurer un cycle de contrôle biannuel sur l'ensemble des administrations, entreprises publiques et parapubliques. Henri-Claude Oyima, veut en finir avec la gestion approximative, les doublons administratifs et les trous noirs budgétaires qui minent la dépense publique.
"Un cycle de contrôle biannuel couvrant la fiscalité, l'administration, les sociétés publiques et parapubliques sera instauré, pour vérifier la conformité, la performance et la probité des gestionnaires publics", a déclaré le ministre d'État, conscient que le système actuel échappe en grande partie à toute discipline financière et que l'appareil public est hypertrophié et peu contrôlé.
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Selon les dernières données du ministère du Budget, l'État gabonais compte plus de 140 entités publiques, dont près de la moitié accusent des retards de publication de leurs bilans. Les entreprises parapubliques concentrent à elles seules près de 1200 milliards FCFA de dettes cumulées, souvent garanties par le Trésor. La masse salariale de la fonction publique, elle, représente désormais près de 30% des dépenses de fonctionnement du budget national, un record en Afrique centrale.
Dans ce contexte, le manque de contrôle a favorisé les dérives : surfacturations, passations de marchés opaques, contrats signés sans couverture budgétaire, voire avances non justifiées aux ordonnateurs. Selon la Cour des Comptes, près de 20% des dépenses exécutées en 2023 n'ont pas été correctement justifiées. L'objectif du dispositif annoncé est donc à la fois d'évaluer la performance et assainir les pratiques.
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Deux fois par an, chaque structure devra produire un rapport de conformité et de performance transmis à l'Inspection générale des finances. En théorie, ce suivi régulier permettrait de détecter plus tôt les anomalies qui, jusqu'ici, n'étaient repérées qu'après coup. Ce renforcement des contrôles intervient alors que le pays tente de rétablir la confiance des bailleurs. En 2024, le déficit budgétaire a atteint 3,1% du PIB, soit environ 320 milliards FCFA, tandis que la dette publique dépasse les 8500 milliards FCFA, selon le FMI. Dans ces conditions, chaque franc mal dépensé fragilise un peu plus la trajectoire budgétaire.
Idrissa DIAKITE
Publié le 27/10/25 11:20
La Rédaction
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CEMAC