Après un repli de 5,3% en 2024, le secteur minier gabonais espère renouer avec la croissance en 2025. Le gouvernement prévoit une progression de 2,7%, puis de 3,5% en 2026, soutenue par la relance progressive de la production de manganèse et le démarrage de nouveaux projets de fer et d'or. Les mines de Biniomi et Bordeaux, mises en pause pour des raisons logistiques, devraient reprendre leurs activités, tandis que le projet de fer de Baniaka amorce sa phase d'exploitation. Ces initiatives visent à élargir la base minérale du pays et à réduire la dépendance au manganèse, dont la demande mondiale reste fluctuante.
L'État compte également sur la montée en puissance des acteurs historiques comme Comilog, dont les exportations représentent plus de 80% du volume total, pour stabiliser les recettes extérieures. En parallèle, de nouveaux projets d'exploitation aurifère, notamment à Etéké, devraient contribuer à diversifier la production dès 2025. Le gouvernement estime que la part du secteur dans le PIB passera de 6% en 2024 à 8% en 2026, grâce à la transformation locale et à l'application progressive de la stratégie d'interdiction des exportations de minerais bruts d'ici 2029.
Cependant, le réseau ferroviaire vieillissant, la faiblesse du transport minéralier et les coûts d'énergie industrielle freinent la compétitivité. Les investissements miniers, en baisse de 46% en 2024, peinent à repartir en raison des contraintes logistiques et des lenteurs administratives. La mise en place de zones industrielles spécialisées autour de Franceville et Moanda pourrait permettre à moyen terme de combler ces lacunes, mais elle nécessite un engagement public-privé plus structuré et un cadre fiscal plus incitatif.
À horizon 2026, la croissance du secteur dépendra de sa capacité à capter la valeur ajoutée de la transformation locale. La réussite du programme de seconde transformation, notamment la production d'alliages et de fer semi-traité, déterminera si le Gabon peut passer du statut d'exportateur de minerais à celui de transformateur industriel. Sans cette mutation, la relance minière risquerait de n'être qu'un cycle conjoncturel de plus, sans impact durable sur la diversification économique du pays.
Publié le 14/10/25 17:50
La Rédaction
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CEMAC